Prendre une autre direction

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Doit-on vraiment interdire complètement l'utilisation du cellulaire lorsqu'une personne est au volant?

Spectre Média, René Marquis

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ÉDITORIAL / Une coroner suggère d'interdire complètement l'utilisation du cellulaire lorsqu'une personne est au volant. Doit-on vraiment prendre pareille direction?

Dans le moment, le conducteur d'un véhicule n'a pas le droit de tenir dans ses mains ou même de manipuler brièvement son appareil cellulaire. Il s'agit d'une infraction qui conduit à une amende, parfois salée, et l'inscription de quatre points d'inaptitude dans le dossier du fautif. Par contre, il est permis d'utiliser le fameux système mains libres Bluetooth.

La coroner Renée Roussel, dans un rapport qu'elle vient de déposer, souligne qu'elle veut relancer le débat sur le danger que représente une conversation soutenue au cellulaire tout en conduisant, même lorsqu'on utilise le système mains libres. Pour elle, même dans ces conditions, les conversations au volant demeurent une source de distraction qui cause des accidents. Elle va trop loin.

Le problème n'est pas une conversation en mode mains libres, mais plutôt les nombreuses personnes qui font fi de la loi et continuent de faire un appel urgent ou d'envoyer un message texte alors qu'elles sont au volant.

Dans un reportage publié à l'automne 2015, le Service de police de Sherbrooke relevait l'entêtement des automobilistes qui continuent à se servir de leur cellulaire au volant. Entre janvier et septembre 2015 à Sherbrooke seulement, 1054 constats d'infraction ont été donnés.

Discuter au cellulaire en mains libres au volant n'est pas plus dangereux que conduire avec son animal de compagnie en liberté sur la banquette arrière ou consommer un café. On pourrait aussi interdire aux conducteurs toute consommation de nourriture sur la route. Il ne faut pas exagérer.

Interdire totalement les cellulaires au volant serait priver d'un outil de travail essentiel plusieurs employés d'entreprise ou travailleurs autonomes qui ont leur bureau dans l'auto, ou presque. L'utilisation du cellulaire en auto en mode mains libres peut aussi permettre de signaler facilement et rapidement une situation problématique aux autorités.

Par contre, les commentaires de la coroner Roussel permettent de revenir sur une recommandation formulée à quelques reprises par le coroner Yvon Garneau. Pour venir à bout des irréductibles qui continuent de manipuler leur cellulaire au volant, il suggère au législateur d'imposer neuf points d'inaptitude à la personne qui se fait prendre à utiliser un cellulaire au volant. Le risque de perdre autant de points en une seule infraction aurait, selon lui, un effet immédiat sur le comportement des téméraires.

«Je suis convaincu de l'effet dissuasif», a-t-il exprimé. Jeudi après-midi, il nous a servi l'exemple du dépassement des autobus scolaires. Le problème est réglé. Or, en 1995, le législateur, a-t-il rappelé, a décidé de faire passer de 4 à 9 points d'inaptitude les conséquences d'un dépassement illégal d'un autobus scolaire. L'exemple est percutant. Au Québec, on ne voit plus, sauf exception, un conducteur trop pressé faire fi des clignotants d'un autobus scolaire.

Le législateur a bougé en 2015 de façon trop timide en portant de trois à quatre points d'inaptitude la conséquence de l'utilisation d'un cellulaire au volant. Outre les campagnes de sensibilisation frappantes, il faut envoyer un signal de réprobation plus fort. Il s'agit d'une direction à prendre sans remettre en question l'utilisation du cellulaire en mode mains libres.

Belle initiative

Il faut féliciter l'ouverture d'esprit et la belle initiative de l'équipe du Service de police de Sherbrooke qui a intégré à ses pratiques d'intervention l'utilisation d'un chien labrador dans l'accompagnement d'une victime d'agression sexuelle. Il s'agit d'une première au Québec. Après cinq semaines seulement, Kanak a été impliqué dans une vingtaine d'interventions. Cette nouvelle approche suscite déjà un vif intérêt.

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