Un choix de raison et un choix historique

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Denis Dufresne
La Tribune

ÉDITORIAL / La désignation d'Hillary Clinton comme candidate officielle du Parti démocrate en vue des élections présidentielles du 8 novembre prochain, mardi soir à Philadelphie, constitue un événement historique aux États-Unis.

Elle envoie aussi, pour une rare fois, un message positif dans un paysage politique américain dominé depuis plusieurs mois par le discours intolérant, parfois violent et sans contenu de son rival républicain Donald Trump.

Il s'agit de tout un exploit pour cette politicienne qui a traversé de nombreuses tempêtes politiques en près de 30 ans de carrière, en plus de subir les attaques vicieuses de M. Trump au cours des derniers mois.

Malgré le succès inégalé de son adversaire démocrate et sénateur du Vermont, Bernie Sanders, qui a remporté les primaires dans pas moins de 22 États sans l'appui de l'establishment du parti, les délégués ont fait un choix de raison en accordant l'investiture à cette femme politique d'expérience, articulée et très énergique malgré ses 68 ans.

En dépit de cette victoire, Mme Clinton a d'énormes défis devant elle, dont celui de réunifier la famille démocrate si elle veut mener son parti à la victoire et de se défaire d'une image de politicienne que l'on dit froide, calculatrice et peu emphatique.

Car malgré les vibrants plaidoyers en sa faveur, dont celui de son mari (et ex-président) Bill Clinton, et le discours galvanisant de la première dame des États-Unis, Michelle Obama, le rassemblement de Philadelphie a été assombri jusqu'ici par les divisions internes au sein du Parti démocrate, où plusieurs militants continuent d'appuyer le candidat « socialiste », Bernie Sanders, même s'il s'est rallié à Mme Clinton.

À cela s'ajoutent les controverses qui ont marqué le parcours politique de Mme Clinton et qui ont nui à sa popularité chez les démocrates, notamment son appui à la guerre d'Irak en 2002, alors qu'elle était sénatrice, les lacunes de sécurité à l'ambassade américaine de Benghazi, en Libye, où un attentat terroriste avait fait quatre morts en 2012 alors qu'elle était Secrétaire d'État, ou encore l'utilisation de sa messagerie personnelle dans ses fonctions de chef de la diplomatie américaine.

Mme Clinton, qui doit prendre la parole jeudi soir à la fin du rassemblement démocrate, devra donc mettre en garde les partisans de Bernie Sanders contre les déchirements internes qui pourraient favoriser Donald Trump.

Elle devra aussi convaincre l'électorat américain qu'elle peut incarner le changement, même si elle est loin d'être une nouvelle venue en politique.

Toutefois, le fait qu'elle soit une femme pourrait avoir un effet mobilisateur chez les électrices américaines qui pourraient voir dans sa candidature un modèle de force et de détermination à l'heure où les États-Unis sont confrontés à la violence policière contre les noirs, à la prolifération des armes à feu et au problème des inégalités sociales, entre autres.

Parallèlement, les partisans de Bernie Sanders vont sans doute maintenir la pression pour influencer le programme électoral démocrate, eux qui ont déjà obtenu que Mme Clinton appuie la hausse du salaire minimum à 15 $ l'heure, la gratuité pour les études collégiales et l'abolition de la peine de mort, ce qui pourrait permettre de rallier l'électorat progressiste.

Battre les républicains de Donald Trump ne sera pas facile.

Mais en choisissant Hillary Clinton, les démocrates font preuve de pragmatisme et se donnent sans doute davantage de chances de l'emporter sur les républicains en novembre.

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