Horreur sans nom... une fois de plus

ÉDITORIAL / Lâche, barbare, horrible... les qualificatifs ne manquent pas pour... (Archives La Tribune)

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Denis Dufresne
La Tribune

ÉDITORIAL / Lâche, barbare, horrible... les qualificatifs ne manquent pas pour dénoncer l'assassinat par des islamistes radicaux d'un prêtre dans une église catholique de la Normandie, hier matin, un acte inimaginable qui soulève évidemment la question de la sécurité des lieux de culte et qui illustre à nouveau la haine des valeurs occidentales.

L'onde de choc est d'autant plus prononcée qu'il s'agit de la première attaque djihadiste à se produire dans un lieu de culte chrétien, donc à viser symboliquement les catholiques de France et la liberté de religion.

L'attentat a été revendiqué par le groupe État islamique (EI), qui semble décidément disposer de « soldats » fanatisés prêts à tout, en France, en Allemagne et en Belgique, notamment.

Ce geste survient dans un contexte de grande tension dans une France qui a été frappée trois fois en 18 mois par des attentats qui ont fait 230 morts, tous revendiqués par l'EI.

Il risque d'exacerber la colère et le sentiment d'insécurité de la population et de fournir des munitions aux politiciens de droite et d'extrême droite qui reprochent depuis des mois au gouvernement socialiste de François Hollande de faire preuve de laxisme ou d'incompétence dans la lutte antiterroriste.

Le président Hollande a réitéré hier que la France allait appliquer « avec la plus extrême fermeté » les lois pour lutter contre la radicalisation, tout en soulignant l'importance de ne pas restreindre les libertés.

Mais, les Français sont de plus en plus inquiets : un sondage du quotidien Le Figaro et de RTL démontrait en novembre 2015, après les attaques du Bataclan et du Stade de France, que 84 pour cent des personnes interrogées se disaient prêtes à accepter une certaine limitation de leurs libertés pour mieux garantir la sécurité.

Il est toutefois très difficile de prévenir les actes de personnes fanatisées qui se revendiquent de l'EI, parfois nées au pays comme on l'a vu hier, sinon que d'améliorer les renseignements et la surveillance des individus suspectés de sympathies djihadistes, des mosquées où prêchent des imams radicaux, car il y en a, et du web.

Parallèlement, les discours réactionnaires font le jeu des islamistes radicaux en stigmatisant la communauté musulmane, qui n'a rien à voir avec ces attentats.

D'ailleurs, la Conférence des imams de France dénonce régulièrement et avec force les attentats commis dans ce pays ; elle rejette publiquement la violence de l'islam radical et accepte les valeurs de la République.

D'autre part, après chaque attaque, des politiciens font valoir que la solution passe par davantage d'accueil et d'intégration, comme si la France ou l'Allemagne, qui a accueilli un million de réfugiés, était en quelque sorte responsable de ses malheurs.

De plus, l'État islamique vise également des mosquées en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, tandis que le groupe djihadiste Boko Haram fait de même dans des pays d'Afrique comme le Cameroun, le Soudan et le Nigeria.

De récents attentats de l'EI ont aussi fait des dizaines de morts lors d'une manifestation pacifique à Kaboul et à Bagdad durant le ramadan !

Bref, l'islam radical ne semble pas avoir de frontières et vise même des musulmans.

Hier, des représentants du culte chrétien, musulman et juif de France ont dénoncé l'attaque, un geste de solidarité essentiel en ces temps très difficiles, ce qui contribuera également, espérons-le, à ne pas culpabiliser davantage la communauté musulmane.

Cette attaque dégoûtante a également une certaine résonnance au Québec, une nation de tradition catholique et francophone, où, contrairement à la France, on ne peut que constater le silence affligeant des imams québécois.

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