Un coin du voile levé sur le terrorisme

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Point de vue
La Tribune

On ne naît pas terroriste, on le devient.

On le devient souvent pour des raisons très complexes, je m'arrête ici seulement à l'une d'elles qui est relativement simple. On devient terroriste à force d'être exclu par des lointains comme par des proches, de n'avoir sa place nulle part dans le monde. On n'a plus de nom, plus personne ne nous connaît. Eh bien! par un geste d'une barbarie spectaculaire, le monde entier saura comment je m'appelle. Je m'appelle Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, résidant à Nice et d'origine tunisienne.

Le terrorisme n'est pas le mal en soi, mais un symptôme, celui d'une suite d'exclusions fruits de solidarités très sélectives. Les murs que Donald Trump veut élever pour assurer la sécurité de la nation la mettent, au contraire, en grand danger. Si l'exclusion est la mère du terrorisme, le manque d'espérance de la société en est le père. C'est l'ingrédient qu'il faut pour déclencher l'espoir des désespérés. Le pessimisme du monde est une goutte d'eau sur un fer rouge. C'est le terreau propre à faire germer la graine terroriste. Autant d'images pour décrire l'effet très explosif de ce pessimisme omniprésent. De fait, le noir est la couleur du temps.

Devenu ingrédient de notre culture, le pessimisme est le vivier du terrorisme. Ce n'est pas par hasard si la France, qui a remporté le titre de « pays le plus pessimiste du monde » (L'Express, numéro du 7 au 13 juin 2015), est celui où le terrorisme est particulièrement actif en Europe. Un pays qui fait face au découragement doit se préparer plus que d'autres à ce terrible phénomène.

La France serait en terreau moins propice au terrorisme si chaque citoyenne, chaque citoyen avaient un regard positif même sur les pires événements. S'ils faisaient leur l'optimisme du proverbe : « À quelque chose malheur est bon ».

Voici un exemple d'un regard positif sur les retombées du massacre de Nice. Dans son message à la Nation, quelques heures après l'attentat, le président de la République a reconnu que la France était blessée et qu'elle avait besoin d'aide. Quelle humilité! (...).

François Hollande a terminé son message en disant : « La France est forte ». Oui, elle l'est et elle le sera encore davantage, car, « en apprenant à connaître ses propres faiblesses et insuffisances et à les accepter [comme l'a fait le président Hollande], on accroît sa force. (Etty Hillesum) »

(...).

Gérard Marier, prêtre

Victoriaville

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