Au pays de la famille Trump

Donald Trump... (The New York Times)

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Donald Trump

The New York Times

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ÉDITORIAL / Si les États-Unis étaient à l'image de ce qu'on a vu pendant quatre jours à la convention du Parti républicain, à Cleveland, ce serait suffisant pour ne plus jamais y mettre les pieds. Des discours haineux, une véritable paranoïa collective, et des gens qui se promènent armés à l'extérieur pour réaffirmer leur droit de porter des armes à feu dans les endroits publics.

Est-ce la crainte d'un Donald Trump ou la curiosité à l'endroit d'une personnalité politique aussi imprévisible? Je n'ai jamais consacré autant de temps à mon téléviseur pour suivre la convention d'un parti politique américain.

On a l'habitude de voir les politiciens maquiller les faits, mais ce qu'on a vu chez les républicains dépasse l'entendement. Les uns après les autres, les orateurs ont dénoncé la politique étrangère d'Hillary Clinton. Ils ont fait son procès et l'ont trouvée « coupable » d'avoir déstabilisé plusieurs pays comme la Libye et d'avoir ouvert la porte à l'État islamique. « Jetez là en prison » ont scandé les délégués.

Mais jamais, pendant ces discours, n'a-t-on fait allusion aux conséquences dévastatrices de l'intervention américaine en Irak sous le républicain George W. Bush. Une agression appuyée sur un mensonge, celui de la possession d'armes de destruction massive par le régime de Saddam Hussein. Une intervention qui a créé le chaos et qui continue de faire des milliers de morts chez les civils. En fait, personne n'a parlé de l'héritage de Bush. C'est à Ronald Reagan que certains se sont référés pour vanter l'histoire de leur parti.

Ce qui m'a le plus frappé dans ces discours, c'est l'absence totale d'un programme politique pour l'avenir. «Make America great again» ont scandé les partisans de Trump. Mais ce qu'on a entendu toute la semaine, c'est surtout « Make America safe again », l'expression d'un désir de fermer les frontières aux immigrants, de rétablir la supériorité militaire américaine, de faire la guerre aux terroristes, et de permettre à tous les citoyens de posséder encore plus d'armes à feu pour se protéger! Et surtout, c'est la haine pour tout ce que peut représenter Hillary Clinton. Ce n'est pas un programme politique qu'a présenté Donald Trump dans son discours, jeudi soir. C'est un appel démagogique aux peurs et aux frustrations de l'électorat américain.

Le pays des républicains qu'on a vu à la convention de leur parti, c'est celui du documentaire Bowling for Columbine de Michael Moore en 2002. Un documentaire qui explique la multiplication des fusillades aux États-Unis par la peur.

Le pays des républicains, c'est également un grand parti politique profondément divisé. Les nombreux sièges vacants à la convention et le refus de Ted Cruz de donner son appui à Donald Trump sont révélateurs : convaincus que le candidat sera battu aux élections, les ténors du parti se positionnent en vue des élections de 2020.

Il suffit d'écouter un tant soit peu les commentaires des journalistes américains qui ont suivi cette convention pour mesurer l'hostilité de la presse à l'endroit de Trump. Une hostilité qu'il leur rend bien par ailleurs. Mais il ne faut pas tenir pour acquis que les démocrates et Hillary Clinton vont remporter les prochaines élections. La candidate à la présidence jouit d'une bonne expérience, mais elle n'a pas le charisme et n'offre pas les espoirs de grands changements que Barack Obama avait soulevés dans son pays et ailleurs dans le monde. L'engouement autour de la candidature de Bernie Sanders chez les démocrates a montré à quel point celle de Mme Clinton a laissé bien des gens sur leur appétit.

Un dernier point : Donald Trump a 70 ans et Hillary Clinton en aura 69 en octobre. C'est ça le changement?

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