Théâtre Nikitotek: la Ville se contredit

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René Marquis

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Point de vue
La Tribune

Lundi et mardi dernier, La Tribune consacrait encore deux pages et demie à la controverse sur la vente du nom du théâtre Nikitotek et autres équipements municipaux à des intérêts privés commerciaux.

Il faut ici bien distinguer le nom de ce théâtre du nom de la place où il est actuellement situé, emplacement qui lui a donné son nom. Il est clair dans l'esprit des élus que la place gardera le nom de Nikitotek et que c'est seulement le nom du théâtre qui est ballotté. La confusion dans l'esprit de tous vient du fait que la corporation Cité des rivières a mal choisi dès le départ, en 2009 ou 2010, sans évidemment demander l'avis du comité de toponymie de la Ville, le générique de cette construction, pour malheureusement le confondre avec le nom de son emplacement.

Pour en revenir au choix du nom, dès le début des années 1990 et clairement depuis 2009, la Ville s'est dotée d'une politique de désignation claire, qu'on peut consulter sur son portail, mais à un endroit qui n'est pas toujours évident pour les citoyens : ww.ville.sherbrooke.qc.ca/fileadmin/fichiers/Toponymie/Politique/Politique_de_designation_toponymique-revisee-mai-2014.pdf.

Dans cette politique, on mentionne d'abord les deux seules fonctions d'un toponyme quel qu'il soit : 1) se retrouver sur le territoire de la ville et 2) « se remémorer notre histoire ». Il n'est nullement question de faire de la promotion publicitaire.

Dans cette politique, la rubrique « Pérennité des toponymes » est claire : « Considérant que la toponymie est un des outils servant à mieux connaître notre histoire il est donc contraire à la présente politique de faire disparaître un toponyme en le remplaçant par un autre. »

Enfin, dans cette politique, la rubrique « Critères de désignation » est tout aussi claire : « le comité [de toponymie] se base sur les critères de la Commission de toponymie du Québec ». Que mentionne entres autres cette Commission dans sa section des pratiques contre-indiquées à l'intention de municipalités (www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/normes-procedures/criteres-choix) : « désignations publicitaires »!

Ce n'est pas parce que plusieurs autres municipalités bafouent ce dernier critère, et même des agences gouvernementales, qu'il faut faire le mouton ou, comme titre Denis Dufresne (La Tribune, 12 juillet) « Vendre son âme?». Il me semble qu'il est possible de remplacer un changement de nom par un panneau bien en vue à l'entrée d'un bâtiment, soulignant la contribution d'un commanditaire.

Jean-Marie Dubois,

géographe et professeur émérite

Université de Sherbrooke

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