Dans le monde des radars photo

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / J'ai reçu une grande enveloppe du ministère de la Justice la semaine dernière. « J'ai des motifs raisonnables de croire que le défendeur a commis l'infraction suivante....» Misère : je me suis fait prendre par un radar photo! Je circulais, m'a appris le document, à 47 km/h dans une zone de 30. Je suis retourné sur les lieux : la limite de vitesse est de 50 km/h comme presque partout ailleurs en ville, sauf quand j'y suis passé en sortant de la piscine, à 8 h 19 le matin, parce qu'il y a une école dans le secteur. Un beau panneau lumineux effectue le changement. Normalement je tourne à gauche à cette heure-là et je ne passe pas devant l'école, mais ce matin-là j'ai tourné à droite.

Coupable, votre honneur! J'ai payé ma contravention sans maugréer.

Je vous raconte ça parce que le ministère des Transports a annoncé hier la mise en service de 15 nouveaux radars photo, et que les automobilistes sont de plus en plus à risque avec la multiplication de ces bidules sophistiqués et sans-coeur.

On ne passe pas son temps à scruter les limites de vitesse lorsqu'on est au volant dans un secteur connu. Mais le radar photo, lui, est sans pitié! Alors attention amis lecteurs, le gouvernement qui vous aime viendra puiser davantage dans vos poches si vous êtes distraits lorsque vous êtes au volant.

Ma distraction m'a valu une contravention de 45 $, plus des frais de 13 $, plus... une contribution de 20 $. Une contribution? Mais à quoi? Voilà la beauté de la chose : notre bon gouvernement qui n'a pas d'argent n'est jamais à court d'idées pour nous soutirer des sous, sans augmenter nos impôts. J'ai appelé au Transport et à la Justice pour savoir à quoi servirait ma contribution « involontaire », mais les préposés n'étaient pas patients et ne savaient pas grand-chose. J'ai fini par apprendre que cette contribution allait partiellement au FAVAC, le Fonds d'aide aux victimes d'actes criminels, qui finance les activités du BAVAC, le Bureau d'aide aux victimes d'actes criminels. À l'origine, le FAVAC tirait ses revenus des « suramendes compensatoires imposées en vertu du Code criminel, et de 25 % des sommes provenant du partage des produits de la criminalité ». Bravo! Que l'on fasse payer les criminels! Mais suis-je un criminel parce que j'ai circulé à 47 km/h dans une zone de 30? Jamais de la vie. Malgré tout, en 2003, le gouvernement du Québec a décidé de percevoir 10 $ « pour chaque contravention à une loi du Québec ». Voilà pour la « contribution ». Moi ça m'en a coûté 20 $. J'imagine que c'est l'inflation, mais je ne suis pas parvenu à en savoir davantage.

C'est une bonne cause, l'aide aux victimes d'actes criminels. Mais il me semble que dans un contexte budgétaire sain, le fardeau devrait être assumé par tous les contribuables.

Je ne me plains pas, j'avais les moyens de payer et je l'ai fait. Mais il est une question à laquelle le ministère des Transports refuse obstinément de répondre et qui serait d'intérêt public : les radars photo qui se multiplient sur nos routes et nos artères des villes tolèrent-ils un dépassement mineur de la vitesse autorisée? On sait qu'à moins de situation particulière, les policiers tolèrent jusqu'à 118 km/h sur l'autoroute dans les zones de 100 km/h. Mais le radar, c'est un robot. Est-ce qu'il est programmé sans marge de manoeuvre? Si je roule à 35 km/h dans une zone de 30 km/h, vais-je recevoir une autre lettre du ministère de la Justice?

Alors soyez prudents sur les routes, amis lecteurs, pendant cette période estivale. Pas seulement pour éviter les amendes inutiles, mais surtout pour arriver à bon port sains et saufs.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer