Gardons le cap

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La Tribune

Le gouvernement du Québec annonce avoir réalisé un surplus de 1,7 milliard $ en 2015-2016. Avant celui-ci, le dernier surplus, un petit 109 millions, remonte à 2006-2007. Par la suite, le gouvernement a équilibré son budget deux fois, puis a fait six déficits consécutifs. Conséquence, depuis la récession de 2008, ces six déficits ont ajouté près de 13 milliards à la dette publique. Même en retranchant les versements au Fonds des générations, ils ont quand même ajouté neuf milliards.

La Fédération des chambres de commerce du Québec et le réseau des chambres de commerce ont depuis longtemps encouragé les gouvernements successifs à observer plus de rigueur dans la gestion de leurs dépenses budgétaires et fiscales. Nous récoltons aujourd'hui les premiers fruits de cette approche. En juin, deux agences de notation ont rehaussé la cote de crédit du Québec. Nous pouvons maintenant espérer une baisse du

coût de nos emprunts collectifs.

Le service de la dette publique est le troisième plus important poste budgétaire, après la Santé et l'Éducation. Moins d'argent pour les créanciers, c'est plus d'argent disponible pour le développement du Québec.

Nous apprécions le chemin parcouru, mais il y a lieu de relativiser ce surplus ponctuel, qui arrive à peine à freiner la croissance de la dette. Le Québec a encore la dette nette par personne la plus lourde au Canada, ainsi que la plus lourde par rapport au PIB. Nos enfants et petits-enfants méritent qu'on leur laisse la liberté de faire leurs propres choix, pas juste de payer pour ceux d'hier.

Le redressement des finances publiques est une oeuvre de longue haleine. La Commission de révision permanente des programmes (CRPG) a recommandé plusieurs réformes que le gouvernement n'a pas encore engagées. Par exemple, de comparer l'efficience des producteurs de services publics, et d'en confier le mandat aux plus performants, peu importe leur statut public ou privé. Un service est public quand il est financé par des taxes et  impôts, peu impote qui le fournit.

La CRPG a aussi mis en doute la pertinence d'avoir une agence québécoise de perception des taxes et impôts, alors que celle du Canada pourrait s'en charger. Jusqu'à quel point cet énorme appareil bureaucratique (12 000 fonctionnaires) est-il réellement nécessaire pour mettre en oeuvre nos politiques économiques et sociales? Les ressources allouées à cet appareil ne seraient-elles pas mieux investies ailleurs, comme en éducation par exemple?

Pour agir sur les priorités d'aujourd'hui, il faut être capable de reconnaître les structures et les programmes qui correspondent aux priorités du passé, dont certains ont perdu de leur pertinence. Gardons le cap, et persévérons dans le redressement de nos finances publiques.

Stéphane Forget, MBA

Président-directeur général intérimaire

Fédération des chambres de commerce du Québec

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