Pas de solution facile

D'une violence inouïe, les derniers événements aux États-Unis sont troublants.... (La Presse Canadienne)

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

D'une violence inouïe, les derniers événements aux États-Unis sont troublants. Après la tuerie d'Orlando, deux Afro-Américains sont tombés sous les tirs de policiers. Au cours d'une manifestation pour dénoncer cet acharnement envers la communauté noire, cinq agents ont par la suite été tués par un tireur embusqué à Dallas. C'est à se demander comment nos voisins du Sud parviendront un jour à mettre fin à ces tragédies en série.

Le New York Post est allé jusqu'à titrer qu'une nouvelle « guerre civile » vient d'éclater. C'est peut-être aller un peu loin, mais cela traduit bien la forte inquiétude qui balaie aujourd'hui la population américaine. Les causes étant multiples et complexes, la solution ne sera malheureusement pas facile à trouver. À vrai dire, il faudra plusieurs initiatives heureuses pour réconcilier les Américains. Malgré la promulgation de la Loi sur les droits civiques de 1964, les tensions raciales gangrènent toujours cette société.

Au premier chapitre, les inégalités semblent entretenir ces vieux démons. Tant et aussi longtemps que le partage de la richesse demeurera un voeu pieux, la paix sociale aura de la difficulté à faire son nid. La question raciale trouve un terreau fertile dans ces inégalités. Les quartiers les plus défavorisés abritent souvent des populations noires, hispaniques ou de diverses origines. Au pays des champions toute catégorie de l'intervention minimaliste de l'État, où la moindre approche sociale est vite associée au communisme, les solutions relèvent souvent de l'utopie.

Rien pour simplifier les choses, la vente d'armes sans restrictions assombrit tout espoir d'apaisement. Selon les estimations, il y a plus d'armes en circulation aux États-Unis que d'habitants, allant du plus petit revolver aux véritables armes de combat. Si les Américains ne sont pas en guerre civile, ils ont certainement les moyens de se livrer la plus effroyable des batailles.

Pathétique, Barack Obama manque de mots pour déplorer les morts à la suite des carnages à répétition qui jalonnent sa présidence. Ses propositions pour restreindre l'accès aux armes ont toutes été rejetées. Le récent « sit-in » de représentants démocrates à la suite de la tuerie d'Orlando n'a pas réussi à convaincre la majorité républicaine d'agir. Ce nouvel épisode démontre encore une fois la mainmise des puissants lobbys sur le régime démocratique américain. Leur réélection garantie par l'argent versé par ces lobbys, les élus ne sont pas assez stupides pour couper la branche sur laquelle ils sont assis.

Dans ce climat tendu, les divers corps policiers sont appelés à intervenir. Tout comme dans la société, le racisme est présent dans les forces de l'ordre. L'acquittement récent de trois policiers de Baltimore impliqués dans la mort de Freddie Gray, le cou brisé durant son transport dans un fourgon cellulaire, donne du poids aux soupçons. Sans excuser les bavures, il est aussi facile de comprendre le stress vécu par les policiers dans ce contexte explosif. « Ce qui se passe là, ça affecte tous les policiers en Amérique du Nord », observe Samuel Ducharme, relationniste au Service de police de Sherbrooke.

La mort gratuite d'Afro-Américains à Baton Rouge, en Louisiane, à Falcon Height, au Minnesota, et celle de cinq policiers à Dallas au Texas, ne nous laisse pas indifférents. En tant que principal voisin, le Canada ne peut assister impuissant à cette tragédie sociale, propre à favoriser le populisme. À de questions complexes, il est à souhaiter que les Américains sauront résister à l'attrait de solutions simplistes d'un Donald Trump.

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