Un problème grandissant

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(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Le problème de l'hébergement illégal ne cesse de prendre de l'ampleur au vu et au su du voisinage, parfois même des autorités, partout dans nos villes et villages.

Au début de la semaine, dans nos pages, l'Association des gîtes touristiques de Magog-Orford a demandé à la Ville de Magog d'intervenir contre les propriétaires qui offrent en location sur internet leur demeure et font une concurrence déloyale à leurs établissements. La Ville de Magog agira, a promis la mairesse Vicki May Hamm. L'association suivra certainement l'affaire de près, car il s'agit d'une question d'équité et même de survie pour les propriétaires opérant en toute légalité.

Il y a quelques mois, un groupe de propriétaires de gîtes à Sherbrooke avaient effectué une sortie publique semblable pour inciter la Ville de Sherbrooke à s'attaquer au phénomène. Début juin, les élus sherbrookois ont posé un premier geste concret avec l'embauche d'étudiants, pour réaliser une étude sur l'ampleur du phénomène de l'hébergement illégal en sol sherbrookois. Les étudiants pourront aussi sensibiliser les personnes fautives. Ce n'est toutefois pas une grande menace pour celles-ci.

La situation décrite par les propriétaires de gîtes n'est, dans les faits, que la pointe de l'iceberg. Le phénomène se répand autour des lacs de la région. Par le passé, il y a toujours eu quelques propriétaires de chalets, ici et là, qui louaient leur demeure pendant quelques semaines l'été afin de payer une partie des frais d'opération. Tout cela a bien changé.

En 2016, les propriétés sont souvent accessibles à l'année et sont beaucoup plus dispendieuses. Avec la croissance constante de la valeur des propriétés au bord de l'eau, des propriétaires voient une opportunité d'affaires, surtout pour amortir le coût d'acquisition. De nouveaux propriétaires achètent un chalet comme on achetait autrefois un immeuble à logements, soit comme une source de revenus. Ils se lancent en affaires. La demande est forte. La location est payante, très payante. Le prix pour quelques jours au bord de l'eau dans un chalet tout équipé a bondi de plusieurs centaines de dollars. Les contrats se multiplient tout de même, au détriment des auberges, des gîtes et du voisinage. On parle alors d'un nouveau type d'entreprise commerciale qui devrait faire l'objet d'une réglementation claire.

Si les grandes villes tardent à s'attaquer à l'hébergement illégal, on peut s'imaginer que les petites localités n'ont pas les ressources pour intervenir efficacement. Le maire de la petite localité de Saint-Catherine-de-Hatley, et préfet de la Municipalité régionale de comté (MRC) Memphrémagog, Jacques Demers, a pris le taureau par les cornes et obtenu gain de cause contre un individu qui louait illégalement sa résidence en 2015. Le dossier a été difficile. La municipalité a déboursé 15000 $ pour obtenir un jugement. Néanmoins, M. Demers croit qu'il est du devoir des municipalités d'agir.

Certains vont plaider que l'économie de partage est un phénomène irréversible et que les règles doivent s'adapter à l'évolution des mentalités, y compris le partage d'un logement. L'économie de partage est peut-être une nouvelle révolution, mais cela ne veut toutefois pas dire de faire fi des règles établies.

La nouvelle loi encadrant l'hébergement touristique est un premier pas du gouvernement afin d'améliorer la situation et démasquer ceux qui pratiquent des activités illégales. Québec a augmenté le nombre d'inspecteurs. Québec a déjà pris les grands moyens et fait preuve d'imagination pour mettre de l'ordre dans l'industrie de la restauration.

Quelle sera la véritable capacité de l'État et des localités à freiner la croissance de l'hébergement illégal? On le verra dans les prochains mois. L'exploitation commerciale à grande échelle des résidences privées et des résidences secondaires, facilitée par différents site internet, doit être contrôlée.

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