L'art de devenir «fonctionnaire»

Je suis fonctionnaire et peu fière de le dire... J'ai commencé à travailler à... (Archives, La Tribune)

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Je suis fonctionnaire et peu fière de le dire... J'ai commencé à travailler à l'Université de Sherbrooke à l'âge de 25 ans comme technicienne en architecture/chargée de projets. J'étais optimiste et déterminée à y passer ma vie professionnelle ! J'étais enchantée de me joindre à une équipe dynamique et de réaliser plein de beaux projets d'architecture... Mais quel mur j'ai frappé ! Je me suis butée à des processus longs et des méthodes de fonctionnement extrêmement rigides. J'avais beau essayer d'apporter de bonnes idées afin d'améliorer le service et de réduire le temps d'attente des projets et avoir de l'initiative, je me faisais toujours répondre : « c'est comme ça, c'est la procédure » ! Après 12 ans à me battre et trois burn-out, j'ai décidé de quitter cet emploi qui ne me rendait plus heureuse.

Par la suite, j'ai trouvé un emploi en tant que chargée de projets pour une compagnie de construction de la région. Enfin, j'avais l'impression de vraiment travailler pour gagner ma vie. C'était stimulant, intéressant et j'avais tous les jours plein de défis à relever. Malheureusement, dû à une restructuration, j'ai été mise à pied au bout d'un an. J'ai tout de même réussi à me trouver un autre emploi assez rapidement dans un organisme gouvernemental. Je suis arrivée avec un moral de plomb en me disant que cette fois-ci, je ne me laisserais pas embarquer dans ce « modèle de fonctionnariat », étant donné que j'avais connu les deux côtés de la médaille; ça a fonctionné pendant 3 ans !

Finalement, à 41 ans, j'ai compris que je n'étais pas faite pour ce genre de travail. (...) Bref, je ne faisais plus ma job, je ne faisais que remplir des formulaires, indiquer des dates et brasser du papier ! L'art de devenir fonctionnaire !

Alors j'ai décidé de changer ma vision des choses et de reprendre ma vie en main en retournant aux études à temps plein à l'université dans un tout autre domaine : un baccalauréat en intervention plein air à Chicoutimi !

Je ne serai peut-être pas aussi riche que quand je travaillais pour le gouvernement (en plus de tous les avantages sociaux que cela apporte), mais au moins je ne me sentirai plus en otage dans ce système qui fait qu'un jour ou l'autre, sans qu'on le veuille, on devient fonctionnaire.

Toutefois, je serai riche dans mon coeur et dans ma santé, car enfin, j'aurai vraiment l'impression de faire quelque chose de positif et d'avancer dans la vie !

Sonia Royer, Sherbrooke

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