Pas comme un timbre à la poste

Au réveil ce matin, les Canadiens auraient pu être privés de service postal.... (Archives La Presse)

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

Au réveil ce matin, les Canadiens auraient pu être privés de service postal. Postes Canada avait la possibilité de recourir au lock-out tandis que ses 47 000 employés pouvaient déclencher la grève. Les deux parties ont heureusement choisi de poursuivre les négociations durant le week-end. Tant mieux, parce que le blason de la société d'État a perdu beaucoup de son lustre ces dernières années. La menace d'interruption du service demeure.

L'arrivée de la facturation et des transactions bancaires en ligne a considérablement changé le paysage de la livraison du courrier. De fait, Postes Canada a perdu le tiers du courrier traditionnel depuis quelques années, ce qui s'est traduit par des déficits jusqu'en 2013. Si la société a été en mesure de redresser la barre en affichant un bénéfice net de 24 M$ au premier trimestre de l'année, c'est bien en raison de la croissance soutenue du secteur de la livraison des colis à domicile.

Outre les salaires et l'instauration d'un régime de retraite à cotisations déterminées, les parties ont discuté de la création de postes temporaires et à temps partiel, de soir et de fin de semaine, pour la livraison des colis. C'est un signe qu'elles ont bien compris que le service doit se transformer et engendrer de nouveaux revenus en adaptant ses services à la demande.  

Qu'on ne se trompe pas, la traditionnelle livraison du courrier à domicile ne tient qu'à un fil. L'automne dernier, le service n'a été sauvé que provisoirement en raison d'un rendez-vous électoral. D'ailleurs, le gouvernement Trudeau a indiqué en mai dernier que tout est de nouveau sur la table. La ministre des Services publics et Approvisionnements, Judy Foote, a même évoqué l'hypothèse d'une livraison réduite à deux ou trois jours semaines au moment de lancer une vaste consultation. D'ici la fin de l'année, un comité consultatif et un comité de parlementaires auront eu le temps de faire le tour de la question.

Fin février, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a aussi émis l'avis que le Canada pourrait en faire davantage pour améliorer sa productivité. Parmi ses diverses propositions, l'OCDE suggère la privatisation de Postes Canada. L'avenue pourrait être d'autant plus tentante que la société compte plus de retraités que d'employés actifs à son service. Son fonds de retraite affiche un déficit actuariel de 6,2 milliards de dollars.   

Moins essentiel qu'hier avec l'arrivée d'Internet, le service postal demeure un moyen de communication bon marché. S'ils peuvent aujourd'hui s'en priver facilement durant quelques jours, les Canadiens et les entreprises en ont toujours besoin. Il doit cependant s'adapter à la réalité d'aujourd'hui. Les changements radicaux et rapides de notre société exigent une grande souplesse. La Tribune a récemment soulevé la concurrence déloyale que des entreprises chinoises livrent aux firmes canadiennes en raison d'une différence dans les tarifs postaux. L'injustice criante ne semble pas avoir empêché les dirigeants de Postes Canada de dormir.

Subban

Un mot sur l'échange de l'ex-étoile du Canadien de Montréal, P.K. Subban. Motivée ou non, cette transaction a pris des proportions démesurées dans l'espace médiatique québécois. Le hockey a beau être notre sport national, il y a des limites à ne pas dépasser. On s'est même employé à lui dénicher de bonnes adresses de remplacement dans sa nouvelle ville d'adoption. C'est trop! Le pire, c'est que le Centre Bell va continuer de faire salle comble, et ce, malgré une hausse du prix des billets.

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