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Déception concernant les petits terrains projetés à Austin

Miche Morin... (La Tribune, Jean-François Gagnon)

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Miche Morin

La Tribune, Jean-François Gagnon

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Si rien n'est fait à Austin au cours des prochains jours, si les Austinois et Austinoises ne se rendent pas signer un éventuel registre à l'hôtel de ville, eh bien la municipalité d'Austin commettra l'irréparable avec son nouveau plan d'urbanisme et son projet de permettre sur son territoire des lotissements de type PAE.

Cette nouvelle trouvaille, présentée comme un Plan d'aménagement d'ensemble (PAE) permettra aux promoteurs de tasser les nouveaux contribuables sur de petits lots de 3000 m2, une autre façon d'importer la ville à la campagne.

Au cours des dernières années, notamment sous le règne de l'ex-maire Roger Nicolet, des avancées réelles avaient été réalisées pour contraindre les promoteurs à accorder plus d'espace pour chaque maison construite.

Après la norme d'une acre par maison dans les années 90, les promoteurs du Domaine Mont-Orford, ou du Développement Lapalme avaient été contraints d'allouer au début des années 2000, au moins 8000 m2 (deux acres) pour chaque maison construite. Deux fois plus. Le promoteur du développement Austin Heights affecta même de son propre gré, 10 acres de terrain à chaque maison. Dix fois plus que la norme des années 90. Le projet fut un succès commercial et se vendit le temps d'une chanson. Des citadins voulaient tout simplement se retrouver à la campagne, avec plus d'espace et plus d'oxygène et ils étaient prêts à en payer le prix.

Comme contribuable d'Austin depuis 20 ans, et ayant été au coeur d'une nouvelle politique de la municipalisation des routes initiée par le maire Nicolet, il y avait de quoi à être rassuré. L'équité pour tous les contribuables était à l'ordre du jour, et les développements n'avaient plus rien à voir avec les erreurs des lots trop petits des anciens développements.

Nous semblions être sur la bonne voie jusqu'à ce que nous apprenions le samedi 11 juin dans le cadre d'une assemblée d'information à l'hôtel de ville que désormais il serait possible de construire des maisons à Austin sur des lots aussi petits que 3000 m2, soit presque trois fois plus petits que l'ancienne norme qui faisait recette, celle des deux acres de terrain par maison construite.

Développement durable

À l'hôtel de ville d'Austin, on se drape dans le développement durable qui, on le sait, est employé à toutes les sauces. Les chemins seront moins longs (forcément!), la densité sera la même, car une partie substantielle du développement sera affectée à la protection des milieux humides ou de boisés. Autrement dit, les promoteurs auront la voie ouverte pour inclure des milieux humides et des boisés non constructibles dans leur plan d'ensemble, et justifier ainsi des lotissements avec la norme minimale de 3000 m2.

Avec aussi peu de terrain, plus question d'avoir un champ d'épuration individuel. Il faudra collectiviser les égouts, payer des frais en conséquence, et souhaiter que tous les « copropriétaires » aient un comportement « durable » et n'endommagent pas par leurs comportements le champ d'épuration commun!

Même principe

Dans la région, d'autres municipalités ont sauté sur le même principe de développement « collectif ». C'est le cas à Sainte-Catherine-de-Hatley et à Saint-Étienne-de-Bolton. Plutôt que de les appeler PAE on les appelle PPCMOI-Projet Particulier de Construction, de Modification ou d'Occupation d'un Immeuble (Sainte-Catherine-de-Hatley) ou PRI-Projet résidentiel intégré (Bolton).

À Sainte-Catherine on permet des lotissements individuels de 3000 m2. C'est le modèle que veut emprunter Austin. J'y ai rencontré un propriétaire qui de son propre aveu se construit une maison de 400 000 $ sur un terrain d'environ 3000 m2 à la campagne avec deux voisins dont les lots sont aussi d'environ 3000 m2 chacun.

À Saint-Étienne-de-Bolton, les promoteurs rivalisent avec des terrains plus grands dans le cadre des PRI adoptés par la municipalité. Au nom de l'écologie, les terrains constructibles sont d'un minimum de 1,5 acre (6000 m2) dans le Projet Ciel. C'est deux fois plus qu'à Sainte-Catherine, c'est deux fois plus que la norme minimale de 3000 m2 que veut adopter Austin. Dix acres de forêt vierge sont réservées pour l'ensemble des propriétaires. Dans un autre développement, celui du Mont Gauvin, on vend des lots individuels de 54 000 m2, quatorze fois plus grands que la norme minimale de 3000 m2 que veut adopter le conseil municipal d'Austin. Chaque propriétaire jouit d'un terrain de 6000 m2 minimum et d'un parc commun de 160 acres, soit 647 260 m2.

Comme on peut le voir, même dans des projets collectifs où sont partagés des services communs, des boisés et des milieux humides communs, il est possible d'adopter des normes minimales par maison lotie, beaucoup plus élevées que celle de 3000 m2 qu'on propose maintenant à Austin.

Si Austin adoptait une norme minimale de 2 acres (8000 m2), pour chaque lot avec une maison, comme le fait « presque » Saint-Étienne-de-Bolton (6000 m2) dans le développement Projet Ciel et du Mont Gauvin, Austin pourrait être fier d'être à l'avant-garde d'une écologie bien comprise. Si le conseil s'entête avec ses PAE d'une superficie minimale de 3000 m2, force sera de conclure qu'il déroule maintenant le tapis rouge pour des promoteurs désireux de tasser les nouveaux villégiateurs sur des lots de 3000 m2.

À vous maintenant de décider si pour vous et vos enfants vous irez signer ou pas lorsqu'un registre sera disponible à l'hôtel de ville.

Michel Morin, contribuable d'Austin

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