Au chevet du patient

ÉDITORIAL / Les Sherbrookois ne sont pas à la veille de pouvoir se baigner dans... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Les Sherbrookois ne sont pas à la veille de pouvoir se baigner dans le lac des Nations, mais la Ville de Sherbrooke entend mieux surveiller la qualité de l'eau à cet endroit pour s'assurer qu'elle ne pose pas de problèmes aux usagers, notamment les adeptes de ski nautique.

C'est un premier pas.

C'est un secret de polichinelle que la qualité de l'eau du lac des Nations n'est pas très bonne et qu'on y trouve épisodiquement des coliformes fécaux en quantité suffisante pour présenter un risque pour la santé, sans parler des plantes aquatiques en abondance dans certains secteurs.

La Ville et la Direction de la santé publique de l'Estrie entreprennent donc une opération de « surveillance accrue » comportant une série d'interventions, dont la prise d'échantillons du lundi au jeudi durant tout l'été, la recherche et la correction des raccordements illicites d'égouts dans le secteur et un meilleur contrôle des oiseaux aquatiques.

En outre, les activités de ski nautique seront suspendues lorsque les analyses démontreront une concentration pouvant présenter un risque pour la santé.

Il s'agit d'une première étape destinée à mieux comprendre les caractéristiques du lac, inspirée des interventions effectuées au cours des dernières années à la plage Blanchard, sur la rivière Magog, où la Ville procède à des fermetures préventives lors de fortes pluies.

Il faut souligner que les efforts de la Ville de Sherbrooke pour améliorer la qualité de l'eau à la plage Blanchard ont porté leurs fruits avec une cote moyenne de « B » tout au long de l'été 2015, grâce notamment à la diminution de la présence d'oiseaux aquatiques, dont les déjections sont une importante source de coliformes fécaux.

Le nerf de la guerre au lac des Nations est toutefois l'impact des ouvrages de surverse occasionnant le rejet d'eaux non traitées lorsque les stations d'épuration sont surchargées en raison, par exemple, de fortes pluies.

Deux de ces ouvrages sont situés entre la plage Blanchard et le lac Nations et deux autres donnent directement dans ce plan d'eau.

Le problème est toutefois loin d'être unique à Sherbrooke : plus de 45 000 déversements ont été répertoriés au Québec en 2013 (dernière année disponible) par le ministère des Affaires municipales, dont 1245 à Sherbrooke.

Autre problème : les raccordements inversés entre l'égout sanitaire et pluvial dans des immeubles, ce qui cause aussi des rejets d'eaux non traitées dans le réseau et, ultimement, dans les cours d'eau.

Mince consolation toutefois : malgré la forte urbanisation à proximité des rives de la rivière Magog, en particulier dans le secteur Rock Forest et aux deux extrémités du pont Jacques-Cartier, la qualité de l'eau y est demeurée relativement stable au fil des ans, selon un bilan de santé présenté au printemps par la Ville de Sherbrooke.

L'eau y est même classée « bonne ou satisfaisante » ce qui, il faut bien le reconnaître, ne saute pas nécessairement aux yeux des adeptes de la Promenade du lac des Nations.

Les Sherbrookois ont la chance de vivre dans un environnement unique avec une abondance de parcs publics, une montagne et deux rivières.

Toutefois, il est triste que l'on ne puisse se baigner dans le lac des Nations, situé à deux pas du centre-ville, alors que de nombreuses villes dans le monde sont parvenues à assainir leurs cours d'eau et y ont aménagé des plages urbaines.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer