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ÉDITORIAL / En rendant obligatoire le licou pour tous les chiens de plus de 20... (Archives, Le Soleil)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / En rendant obligatoire le licou pour tous les chiens de plus de 20 kg dans les endroits publics et les parcs, la Ville de Sherbrooke a sans doute pris la meilleure décision : elle évite de stigmatiser une race en particulier et se donne les moyens de mieux protéger les citoyens contre les morsures.

En outre, elle se place à l'abri des critiques de certains propriétaires de pitbulls qui se disent victimes de discrimination à chaque nouvelle controverse entourant le comportement de ces chiens et leur implication dans des attaques, comme on l'a vu au cours des dernières semaines.

Même la Société protectrice des animaux de Montréal considère comme discriminatoire l'interdiction des pitbulls!

Les cas d'enfants défigurés et, surtout, celui de Christiane Vadnais, cette Montréalaise attaquée et mordue à mort par le pitbull d'un voisin, il y a deux semaines, ont démontré l'urgence pour les villes d'agir et de s'assurer que les humains passent avant les chiens.

Plus près de nous, trois employés d'une pharmacie du secteur Roch Forest ont été attaqués par un bull-terrier lors d'une pause à l'extérieur, à la fin mai. L'animal, qui avait échappé à la surveillance de son maître, a par la suite été euthanasié.

Quelques dizaines de villes québécoises interdisent déjà les pitbulls et d'autres comme Brossard, Québec, Montréal et Mont-Royal viennent d'emboîter le pas.

À Montréal, les pitbulls et autres chiens jugés dangereux seront interdits à compter de septembre, mais les citoyens qui possèdent déjà de tels chiens pourront garder leur animal pourvu qu'il soit enregistré, stérilisé et qu'il porte une muselière dans les lieux publics.

À Québec, les pitbulls seront carrément bannis à compter du 1er janvier, ce qui a valu au maire Régis Labeaume des dizaines de messages haineux sur Facebook, parfois à la limite des menaces, ce qui en dit long sur l'hystérie de certains propriétaires.

L'approche de Sherbrooke, calquée sur celle de Sainte-Julie, sur la Rive-Sud de Montréal, est plus globale et plus logique, pourrait-on dire, et devrait, espérons-le, permettre d'éviter un psychodrame collectif.

Car si les chiens de type Pitbull sont réputés pour avoir des mâchoires très puissantes, d'autres races de chiens peuvent aussi causer des blessures graves.

Autrement dit, on ne règlera pas le problème des chiens agressifs et dangereux en interdisant une race en particulier.

De plus, la façon dont un chien est dressé et traité par son maître y est pour beaucoup dans son comportement.

À cet égard, le règlement de la Ville de Sherbrooke, qui sera adopté le 4 juillet prochain, fait aussi appel à la responsabilité des propriétaires, par ailleurs déjà obligés de tenir leur chien en laisse dans les endroits publics, peu importe leur taille.

Il est un peu aberrant que le maître d'un gros chien décide de laisser celui-ci aller librement, de surcroît sans harnais pour bloquer sa mâchoire, dans un parc, sur la rue ou sur les sentiers du mont Bellevue, où peuvent se trouver des enfants, des piétons ou des joggeurs.

Le respect des autres et le civisme commandent qu'un chien ne puisse embêter ou intimider des personnes qui ont le malheur de se trouver sur son chemin.

L'avenir dira si le nouveau règlement de la Ville de Sherbrooke sera efficace et, surtout, respecté.

Mais le message est clair : chaque propriétaire doit assumer les risques associés au comportement de son animal.

Et il est bien dommage qu'un règlement municipal soit nécessaire pour s'en assurer.

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