Fraude alimentaire et abus de confiance

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De manière générale, les Canadiens ne pensent pas à la fraude alimentaire, et la plupart du temps, les consommateurs ne doutent pas de l'origine des aliments qu'on leur propose. Or, la fraude alimentaire existe et personne n'est à l'abri.

Dans les restaurants, les magasins, les marchés publics, etc., la fraude alimentaire est possible. Toutefois, personne ne connait l'ampleur du problème. En 2013, l'Europe a vécu son scandale de fraude alimentaire lorsque de la viande d'âne, de serpent et de rat avait été trouvée dans divers produits. Depuis, les cas de fraudes se multiplient sur le vieux continent et selon toutes vraisemblances, le continent nord-américain pourrait subir le même sort.

D'ailleurs, une entreprise ontarienne a récemment été condamnée et doit maintenant verser une amende de 1,5 million $ pour avoir vendu des tomates mexicaines, sous un label canadien. (...).

Évidemment, il est toujours difficile de démontrer que les intentions sous-jacentes à des actions frauduleuses sont de nature criminelle. Dans la plupart des cas, une enquête nécessite l'existence d'un informateur à l'interne qui lui-même doute des pratiques de son employeur. (...).

Or, il n'y a pas de doute, le régulateur public, en l'occurrence l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), tenait à envoyer un message clair à l'industrie et une plus grande conscientisation collective généra sûrement d'autres cas. (...).

La fraude alimentaire se traduit de plusieurs façons : falsification, substitution d'ingrédients ou même de la mauvaise représentation d'un produit. Le nombre de rapports qui montrent que le problème de fraude alimentaire est manifeste se cumule à un rythme important. Un jour, les consommateurs auront accès à une technologie qui permettra de valider les étiquettes alimentaires en magasin, en temps réel. Ainsi, les consommateurs pourraient devenir les régulateurs les plus infaillibles du système, mais nous ne sommes pas rendus là. Ce qui n'empêche pas l'ACIA de travailler en concert avec les services de sécurités publiques et l'industrie afin de réduire les risques de fraude. La grande distribution, consciente du problème, vérifie davantage et applique une plus grande rigueur à leur stratégie d'approvisionnement. Cependant, régler le problème en restauration et chez les petits marchands est moins évident. (...).

Bref, la fraude alimentaire remet en question le contrat moral qui existe entre l'industrie et les consommateurs. Sans quoi, les aspects qui mettent en valeur l'hétérogénéité de notre alimentation telle que les produits locaux, biologiques et autres n'ont plus une grande signification. (...).

Sylvain Charlebois

Doyen de la faculté en management

et professeur en distribution et politiques agroalimentaires

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