L'urgence d'agir

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / L'accord conclu hier entre les ministres des Finances des provinces et du fédéral en vue de bonifier le Régime de pensions du Canada (RPC), à l'exception du Québec, qui gère son propre régime de retraite, et du Manitoba, constitue un déblocage majeur après des années de refus de l'ancien gouvernement conservateur.

Les libéraux de Justin Trudeau, qui s'étaient engagés à s'attaquer au sous-financement du RPC lors de la dernière campagne électorale, souhaitent amorcer les changements en 2019.

Le gouvernement devait d'abord obtenir l'appui d'un minimum de sept provinces représentant au moins les deux tiers de la population canadienne.

Il est urgent de s'attaquer au sous-financement des régimes publics de retraite en raison de la diminution du nombre de travailleurs par personne retraités, un phénomène qui va en s'accélérant, et du désengagement des entreprises dans les régimes privés.

Du reste, la grande majorité des travailleurs canadiens n'ont pas accès à un régime de retraite établi par leur employeur.

Au Québec la proportion serait de 60 pour cent, tandis qu'elle serait des deux tiers en Ontario, ce qui laisse présager que ces travailleurs devront compter en bonne partie sur les régimes publics une fois à la retraite.

En outre, près de 40 pour cent des Canadiens ne participent pas à un régime enregistré d'épargne retraite.

À cela s'ajoute le fait que le nombre de travailleurs du secteur privé qui jouissent d'un régime de retraite à prestations déterminées, dont le montant de la rente est fixé à l'avance, est en forte diminution, alors que le nombre de participants à un régime à cotisations déterminées, où le revenu de retraite n'est pas connu d'avance, augmente.

Autre argument : le Canada se situe sous la moyenne des pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour sa contribution aux régimes de retraite publics.

Il y consacre 5 pour cent de son PIB alors que la moyenne dans les pays développés est de 9,4 pour cent selon un rapport interne produit par le ministère des Finances sous l'ancien gouvernement Harper.

Le même rapport jugeait par ailleurs que le compte d'épargne libre d'impôt (CELI) instauré par les conservateurs favorise les plus riches, ce qui ne les avait pas empêchés de s'opposer à toute bonification du RPC.

Les conservateurs continuent de s'opposer à une bonification du RPC, tandis que la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante craint une hausse trop élevée des cotisations des employeurs, ce qui aurait pour effet selon elle d'empêcher la création d'emplois.

Il faudra bien sûr respecter la capacité de payer des entreprises et des travailleurs, qui se partagent le financement du régime en parts égales, mais une hausse des cotisations est incontournable et le temps presse.

Au Québec, par exemple, la population active est de moins en moins nombreuse : il y avait 8 travailleurs pour 1 retraité en 1970, une proportion qui est passée à 5 pour 1 en 2000 et qui sera de 2,5 pour 1 en 2030.

En outre, les Canadiens sont de plus en plus inquiets pour leur retraite : un sondage de la firme-conseil Willis Towers Watson indique que 62 pour cent d'entre eux seraient prêts à consacrer une part plus importante de leurs revenus pour avoir des prestations plus généreuses à la retraite.

Ottawa et les provinces doivent donc agir dès maintenant pour le bien des retraités des prochaines décennies.

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