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ÉDITORIAL / Après quatre ans d'existence, la Coalition avenir Québec (CAQ)... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Spectre Média, Maxime Picard

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Après quatre ans d'existence, la Coalition avenir Québec (CAQ) semble encore peiner à faire connaître ses idées et son équipe malgré un bon travail de terrain à l'Assemblée nationale et moult propositions, comme la maternelle à quatre ans et le Projet Saint-Laurent, qui ont d'ailleurs inspiré le gouvernement Couillard.

Et, étonnamment, son chef François Legault sent même le besoin de rappeler que la CAQ n'est pas souverainiste et ne tiendra jamais de référendum, comme il l'a fait hier lors d'une rencontre éditoriale à La Tribune, dans le cadre d'une tournée en Estrie.

La CAQ, ce parti mal aimé, est malmenée dans les sondages qui la placent généralement en troisième place, comme si elle avait du mal à se donner de la visibilité entre les élections.

Lors du scrutin de 2014, le parti a même moins bien fait qu'en 2012, terminant avec 23 pour cent des voix contre 27 pour cent deux ans auparavant.

Malgré cela, à l'issue d'une session parlementaire où le gouvernement Couillard a dû naviguer de crise en crise, le chef caquiste a visiblement pris de l'assurance : il affirme que son parti est sur une lancée et se voit même premier ministre du Québec en octobre 2018.

Il faut reconnaître que François Legault s'est comporté en véritable chef de l'opposition au cours de la dernière session parlementaire, profitant sans doute du départ du chef du Parti québécois, Pierre-Karl Péladeau, bien que son successeur intérimaire, Sylvain Gaudreault, ait fait un bon travail.

Ses députés François Bonnardel, Éric Caire et François Paradis, notamment, ont donné du fil à retordre au gouvernement Couillard dans les dossiers Uber, dans celui des irrégularités au ministère des Transports et concernant le temps d'attente dans les urgences et en chirurgie.

Devant un gouvernement libéral qui semble passer son temps à éteindre les feux, M. Legault a beau jeu de présenter la CAQ comme le parti de l'économie et de l'emploi.

Il affirme même que « l'obsession » du premier ministre qu'il espère devenir sera d'augmenter l'investissement des entreprises de 30 à 50 milliards $ par année et qu'il aura un « compteur » sur son bureau pour suivre la situation.

Pour ce faire, M. Legault compte réduire les crédits d'impôts aux entreprises et les soutenir directement, donner davantage de moyens aux Centres locaux de développement et régionaliser le budget d'Investissement Québec.

Il entend également créer un fonds pour protéger les sièges sociaux québécois, rappelant entre autres la « perte » récente de Rona et de Saint-Hubert.

Le chef de la CAQ espère aussi faire du kilométrage avec le projet controversé d'exploration et - éventuellement d'exploitation - pétrolière à l'île d'Anticosti.

Il affirme que les tergiversations du gouvernement Couillard dans ce dossier font en sorte que les dirigeants de chambres de commerce un peu partout dans la province et même des députés libéraux « ne se reconnaissent plus » dans le Parti libéral du Québec.

À un peu moins de deux ans et demi du prochain scrutin provincial, François Legault dit anticiper des élections « historiques » expurgées de la question de la souveraineté et où la CAQ sera l'alternative aux libéraux en raison de son programme en économie et en éducation.

Évidemment, bien des choses peuvent changer d'ici octobre 2018, y compris un Parti québécois rajeuni et avec une nouvelle vision.

D'ici là, François Legault aura sans doute besoin d'un deuxième compteur, celui-là pour mesurer les chances de son parti de former le prochain gouvernement.

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