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La mort tragique d'une Montréalaise mercredi dernier sous la puissante mâchoire... (Archives, La Voix de l'Est)

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

(Sherbrooke) La mort tragique d'une Montréalaise mercredi dernier sous la puissante mâchoire d'un pitbull a créé un profond malaise. Les chiens dangereux sont depuis longtemps dans le collimateur et les solutions faciles pour assurer la protection du public ne sont pas légion. Il importe toutefois de fouiller rapidement la question avant la répétition de pareils drames.

À Sherbrooke, la possession des pitbulls est de nouveau autorisée depuis janvier 2015. Pour harmoniser son règlement avec ceux des anciennes municipalités fusionnées, la Ville a pris le temps de consulter les spécialistes. Ces derniers sont unanimes à ce sujet; les pitbulls ne sont pas plus dangereux que les autres chiens. Le pitbull n'est pas une race en soi, précisent-ils, mais un terme utilisé pour désigner plusieurs races.

En mai dernier, La Presse+ révélait notamment que les pitbulls sont responsables de 65 % des cas de morsures sur le territoire de Montréal. Une étude américaine, rapportait aussi le média, démontre que 61 % des pitbulls échouent à un test de tempérament contre 39 % pour les autres chiens.

À la Clinique vétérinaire centrale de Sherbrooke, le Dr Thomas De Vette confiait son étonnement à La Tribune. Parmi sa clientèle, celui-ci compte de nombreux pitbulls, tous très sociables et gentils. De vrais toutous! « L'agressivité, explique-t-il, n'est pas une question de race. Tous les chiens peuvent avoir des problèmes de comportement et d'anxiété. » Depuis le début de l'année, la Société protectrice des animaux de l'Estrie a pour sa part enregistré 13 cas de morsure, une seule provenant d'un pitbull. Ce bull-terrier est le seul à avoir été euthanasié après avoir attaqué trois employés d'une pharmacie de Rock Forest.

L'Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux a mené une enquête auprès de ses membres. En 2015, 40 % des vétérinaires interrogés se sont fait mordre au moins une fois. Surprise, c'est le minuscule chihuahua qui arrive en tête du palmarès avec une morsure sur cinq.

S'ils ne sont de prime abord pas plus agressifs que les autres chiens, les pitbulls sont des animaux très puissants. Leurs attaques provoquent donc des lésions extrêmement graves, rien de comparable avec celles d'un chihuahua. Trop souvent, les policiers appelés à intervenir sur les lieux d'un drame n'ont d'autre choix que d'abattre l'animal, comme cela s'est produit à Montréal.

Il apparaît que le comportement des chiens est directement relié à celui de leur maître. Éducatrice canine, Nancy Tucker estime que l'agressivité de certains chiens provient d'un manque de socialisation en bas âge plutôt que de leur bagage génétique. « Avant l'âge de 12 semaines, il est important de socialiser son chien », disait-elle au journal afin de prévenir l'agressivité à l'âge adulte.

À la suite du décès de la Montréalaise, le premier ministre Philippe Couillard a convenu que le gouvernement devait se pencher sur la question, même si la responsabilité première revient aux municipalités. L'Ontario interdit d'ailleurs les pitbulls depuis 2005.

La Ville de Sainte-Julie a peut-être trouvé la solution en imposant le port du licou aux chiens de plus de 20 kg. Sherbrooke devra aussi réfléchir à la question de nouveau, notamment à l'ajout de parcs réservés aux chiens.

Le chien est un formidable compagnon pour l'homme, souvent une bouée pour les personnes seules ou âgées. S'il ne sert à rien de stigmatiser les pitbulls, il importe cependant de trouver une formule de cohabitation où la sécurité des humains primera avant la discrimination d'une race de chien.

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