D'une crise à l'autre

ÉDITORIAL / La session parlementaire s'est terminée hier à l'Assemblée... (Archives, La Presse)

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / La session parlementaire s'est terminée hier à l'Assemblée nationale comme elle avait commencé : dans un climat d'affrontement entre les partis d'opposition et un gouvernement libéral presque toujours en gestion de crise, empêtré dans ses contradictions et parfois victime d'amnésie.

Malgré le « très bon bilan » que le premier ministre Philippe Couillard a fait hier de la dernière session, on ne peut faire abstraction de ce qui a dominé l'actualité politique des derniers mois.

L'arrestation de l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau pour fraude, corruption et trafic d'influence, les déboires de Sam Hamad, les allégations de falsification de documents, de manipulation et d'intimidation au ministère des Transports, les trous de mémoire du ministre Jacques Daoust au sujet de la vente de Rona, tout comme les dossiers Uber et Pétrolia, ont plutôt donné l'impression d'un gouvernement usé.

Fermer les yeux ou pointer la « culture » interne et la gestion d'un ministère pour expliquer, par exemple, la crise aux Transports, malgré les témoignages dévastateurs de l'ex-enquêteuse Annie Trudel et de l'ex-vérificatrice Louise Boily, ressemble à de la dénégation et à un refus d'attaquer le problème en profondeur.

À entendre le premier ministre Couillard, le principe de responsabilité ministérielle n'existe pas.

Le fameux dossier d'Uber démontre aussi les difficultés de ce gouvernement à garder une position claire et ferme.

Après avoir tenu la ligne dure au sujet de ce service de covoiturage illégal, en exigeant notamment que les chauffeurs de Uber obtiennent une licence de taxi et un permis de chauffeur de taxi, le ministre des Transports, Jacques Daoust, a proposé jeudi un amendement de dernière minute au projet de loi 100 qui permettrait de créer de nouvelles catégories de permis et donc d'accommoder Uber, selon l'industrie du taxi, dans le cadre d'un projet-pilote de 90 jours.

Le projet de loi, accepté de peine et de misère par les chauffeurs de taxi, a dû être adopté sous le bâillon hier soir.

Les nombreuses crises dans lesquelles le gouvernement Couillard s'est enlisé au cours des derniers mois ont évidemment occulté ses quelques bons coups.

La création de l'Autorité des marchés publics, comme recommandé par la Commission Charbonneau, les stratégies numérique et aéronautique, l'adoption du projet de loi 64 obligeant l'immatriculation des armes d'épaule et l'embellie sur le marché de l'emploi en sont les principaux exemples.

De même, le projet de loi 100 déposé hier, qui prévoit que l'Assemblée nationale pourra décider des conditions de travail des employés municipaux, en cas d'échec des négociations et des séances de médiation avec les Villes, constitue un déblocage longtemps attendu par les maires.

Ceux-ci estiment qu'ils pourront ainsi mieux respecter la capacité des contribuables.

En revanche, les syndicats jugent cette proposition inacceptable, de sorte que Québec se prépare probablement une joyeuse tempête cet automne.

Le gouvernement Couillard n'en a pas fini non plus avec les syndicats et les groupes communautaires toujours en colère au sujet des impacts de la rigueur budgétaire des dernières années en santé et en éducation, malgré les réinvestissements de 500 millions $ pour les services aux élèves et de 700 millions $ pour rénover les écoles sur trois ans, annoncés dans le dernier budget.

L'ajournement d'été permettra sans doute aux libéraux de Philippe Couillard de reprendre leurs forces et, souhaitons-le, de méditer sur leur façon de gouverner et sur la nécessité de faire preuve de davantage de transparence et d'imputabilité.

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