Des gestes concrets

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) ÉDITORIAL / Le débat d'urgence sur les allégations de falsification de documents, de manipulation et même d'intimidation au ministère des Transports du Québec (MTQ), demandé et obtenu hier par la Coalition avenir Québec (CAQ), n'a guère permis d'en apprendre davantage sur cette situation ahurissante et, surtout, sur les responsables.

Qui, au MTQ, a falsifié les documents avant de les transmettre à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et à l'Assemblée nationale, comme le soutiennent l'ex-enquêteuse Annie Trudel et l'ex-auditrice Louise Boily? Et pourquoi?

Ensuite, comment a-t-on pu tolérer le climat de peur qui, visiblement, sévit au MTQ?

Alors que la crise s'amplifie à la suite des déclarations fracassantes de ces deux femmes, mercredi soir devant les députés de la Commission de l'administration publique, la confiance des Québécois est de plus en plus ébranlée.

Le premier ministre Philippe Couillard a beau dire qu'il prend la chose au sérieux et que des correctifs seront apportés, le fait qu'il s'en remette à l'appareil administratif et au nouveau sous-ministre des Transports, Denis Marsolais, n'a rien de rassurant compte tenu de l'accumulation de témoignages, d'allégations et de faits troublants au MTQ.

Le même Philippe Couillard, après tout, avait soutenu il y a deux semaines qu'il n'avait jamais entendu parler de la lettre dans laquelle l'ex-enquêteuse Annie Trudel faisait état d'obstruction de la part de l'ancienne sous-ministre Dominique Savoie, démise de ses fonctions depuis, et qu'il n'avait pas été informé des observations de l'ex-ministre Robert Poëti.

De plus, c'est lui qui a relevé Robert Poëti de son poste de ministre des Transports, en janvier dernier, pour le remplacer par Jacques Daoust.

Pourquoi avoir démis de ses fonctions cet ex-policier qui semblait déterminé à mettre au jour ce qui n'allait pas au MTQ?

M. Poëti avait engagé Annie Trudel, une ex-agente de l'Unité anticollusion, pour se pencher sur de possibles irrégularités dans l'attribution de contrats et avait fait part à son successeur, Jacques Daoust, de situations qu'il jugeait « anormales », mais sans que ce dernier y donne suite. Pourquoi?

Quant au ministre Daoust, ses dénégations et sa désinvolture devant les allégations des dernières semaines en font un politicien en cruel manque de crédibilité qui nuit à son gouvernement.

Néanmoins, le premier ministre Philippe Couillard maintient sa confiance en lui, ce qui envoie un message pour le moins ambigu aux Québécois.

Hier à l'Assemblée nationale, le premier ministre a soutenu que les problèmes au MTQ remontent à plusieurs années et a renvoyé la balle au chef de la première opposition, Sylvain Gaudreault, qui a été ministre des Transports pendant 18 mois durant le court règne du Parti québécois, de septembre 2012 à avril 2014.

Or, précédemment, les libéraux ont été au pouvoir de 2003 à 2012.

De toute manière tout cela n'enlève rien à la gravité de la situation actuelle au MTQ. La population veut des gestes concrets.

L'UPAC et la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, auront bien sûr leur travail à faire au sujet des allégations de falsifications de documents et d'intimidation.

Mais il ne leur appartient pas de régler les problèmes de gestion interne et on peut douter que le nouveau sous-ministre, Denis Marsolais, aussi compétent et déterminé soit-il, puisse le faire à lui seul.

Malgré l'accumulation de faits, d'allégations et de questions demeurées sans réponses, on ne sent pas que le gouvernement Couillard a la volonté politique d'aller au fond des choses.

Quatre ans après la Commission Charbonneau (2011-2015), on a l'impression de revenir à la case départ.

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