C-Séries : Ottawa doit agir!

En 1975, l'industrie aéronautique au Québec faisait face à des coûts... (Archives, La Presse)

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En 1975, l'industrie aéronautique au Québec faisait face à des coûts exorbitants de recrutement de main-d'oeuvre qualifiée venue des États-Unis et d'Europe. La pénurie locale était la conséquence de la triste destruction de notre industrie locale, alors que son expertise s'attirait les éloges d'experts étrangers.

En 1975, l'association de l'industrie aéronautique du Québec adopta alors une approche sectorielle, celle d'investir dans la création de deux programmes techniques collégiaux en aéronautique et de la création via l'ETS de formation de technologues afin de créer de la main-d'oeuvre locale renouvelable à moindres coûts. Une efficace campagne de promotion de carrière fut ensuite menée auprès des finissants de niveau secondaire. Nul doute que cette stratégie a contribué directement à la relance du secteur aéronautique. Ainsi, Bombardier Aéro a pu se développer à moindres coûts, générant des milliers d'emplois bien rémunérés directement et via la myriade de sous-traitants locaux.

En ce sens, la fermeture récente de AVEO et la perte de milliers d'emplois qualifiés sont à contre-courant. Elle semble motivée par le retrait du gouvernement fédéral actuel du respect des engagements antérieurs convenus avec Air Canada en contrepartie de sa privatisation. Cette décision à courte vue créera l'émigration d'une main-d'oeuvre experte difficile à remplacer.

C'est bien connu, les coûts de R et D en aéronautique dépassent la capacité d'autofinancement habituelle. Même les gros joueurs sont financés, directement ou indirectement, par leur gouvernement, à condition pour eux d'assurer des emplois locaux lucratifs et la protection de leur siège social. (...).

Les coûts R et D de la C-Series sont déjà assumés à 90 %. Les experts confirment la supériorité de cet avion sur la concurrence. Financer sa commercialisation est donc avantageux, en regard des rendements boursiers actuels. Du reste, la commande de Delta Airline démontre que si Bombardier pénètre rapidement sa niche émergente, sa position mondiale pourra dépasser celle de joueurs plus riches et générer des profits supérieurs à moyen terme (...) À ce stade, retarder la mise de fonds du gouvernement fédéral à cause de l'actionnariat de contrôle, position qui protège l'appartenance canadienne de Bombardier, est franchement saugrenu. (...).

La lenteur du gouvernement fédéral à bouger ne peut pas se justifier au plan commercial, l'analyse des retombées potentielles et de l'enrichissement collectif de la C-Séries étant positivement démontrée.

Alors, comment comprendre la valse-hésitation actuelle? Au-delà du battage médiatique, le refus d'agir actuel est difficilement justifié en regard du brillant futur annoncé pour la C-Séries (...). Il faut agir maintenant!

Gilbert A Pineau,

Ex-président de l'Association Aéronautique du Québec (1975-77)

Sherbrooke

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