Besoin d'une vision cohérente en éducation

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Après deux années de nombreux revirements à 180 degrés, quatre ministres de l'Éducation et un système d'éducation fragilisé par des compressions de plus d'un milliard de dollars, voilà que le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, se pose en champion de la persévérance scolaire au Québec. L'idée, largement récupérée, consiste à délaisser les débats sur les structures pour passer à l'action sur la persévérance scolaire.

Pour ce faire, le ministre invite, entre autres, à créer un ordre professionnel des enseignantes et enseignants et à mettre sur pied un institut d'excellence en éducation. Êtes-vous conscient, M. le ministre, que vous recréez ainsi de nouvelles structures commandant beaucoup de moyens et de ressources qui ne seront pas affectés aux services directs aux élèves? Êtes-vous conscient que ces services font défaut à beaucoup de jeunes ayant besoin d'aide pour persévérer et réussir leurs études?

Le récent congrès du Parti libéral aura été l'occasion, pour le ministre de l'Éducation, de tester plusieurs idées en éducation. Rarement a-t-on vu un amalgame aussi surprenant d'idées qui, mises ensemble, contribuent davantage à brouiller les cartes et à mystifier tous ceux et celles qui travaillent dans les écoles au quotidien.

Le ministre est-il conscient qu'il y a, au Québec, plusieurs dizaines de chercheurs en éducation, regroupés dans des centres de recherche reconnus nationalement et internationalement, qui pourraient le conseiller adéquatement sur ce qui serait le plus pertinent à mettre en place pour favoriser la persévérance scolaire et la réussite éducative?

Vous préférez écouter, M. le ministre, quelques sirènes médiatiques qui pourraient faire échouer le gouvernement contre les récifs de la persévérance scolaire.

Vous avez lancé l'idée, il y a deux semaines à peine, que vous souhaitiez consulter les acteurs de l'éducation pour construire un plan d'action sur la persévérance. Force est de constater que vous avez décidé de faire autrement, en lançant pêle-mêle des idées en éducation, sans avoir consulté le personnel dans les milieux concernés.

Encore une fois, ceux et celles qui travaillent au quotidien dans les écoles et les centres auront l'impression qu'on prépare des changements importants sans les mettre au jeu. (...).

Nous avons besoin d'élus politiques capables d'impulser une vision cohérente, inspirante, motivante et réaliste de l'éducation. Serez-vous un tel leader?

Louise Chabot, présidente,

Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

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