Serrer la vis

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

ÉDITORIAL / Il faut savoir gré au ministre des Transports, Jacques Daoust, de faire adopter d'ici la fin de la session parlementaire deux mesures pour améliorer la sécurité des cyclistes, en attendant la refonte du Code de la sécurité routière, dont l'adoption ne se fera que l'an prochain.

Ces deux mesures, « urgente » aux yeux de MM. Daoust, obligeront les automobilistes à respecter une distance d'un mètre lorsqu'ils dépassent un vélo à une vitesse de 50  km/h et moins et de 1 mètre lorsqu'ils les doublent à plus de 55 km/h.

Québec majorera aussi le montant de l'amende imposée dans les cas d'emportiérage, c'est-à-dire le fait d'emboutir un cycliste en ouvrant sa porte de voiture.

Il ne s'agit toutefois que d'une partie de la solution en vue de mieux garantir la sécurité des cyclistes, notamment en ce qui a trait à la signalisation, aux normes de visibilité, aux aménagements des intersections et de corridors plus sécuritaires.

Mais, au-delà des nouvelles règles, les notions de partage de la route et de protection devront primer si nous voulons reconnaître le vélo comme mode de transport autant à des fins utilitaires que récréatives.

« Il faut intégrer le principe de prudence comme cela existe en France et en Belgique, par exemple. [...]. Ce qui est important, c'est oui il faut un aspect réglementaire, mais ça va prendre de la communication », soulève Jean-François Pronovost, vice-président développement et affaires publiques chez Vélo-Québec.

Pour changer les mentalités et donner au vélo la place qui lui revient, Québec devra donc faire des campagnes de sensibilisation et d'éducation.

Car, chaque année, de nombreux cyclistes perdent la vie tant dans les villes que sur les routes et, dans bien des cas, ces accidents étaient évitables.

L'ancien ministre des Transports, Robert Poëti, avait créé un groupe de travail pour revoir le Code de la sécurité routière à la suite du décès de Mathilde Blais, une cycliste de 33 ans qui avait été happée mortellement par un camion sous un viaduc, à Montréal, en avril 2014, mais le dossier n'avait pas eu de suite.

Deux mois plus tard, le 9 juin 2014, Déliska Bergeron, une jeune femme de 30 ans, avait été happée par un semi-remorque à l'angle de la rue King Est et du boulevard Saint-François, à Sherbrooke, alors qu'elle avait un droit de passage et marchait à côté de son vélo.

Le bilan routier de la Société de l'assurance automobile du Québec fait état de 11 décès chez les cyclistes en 2014, soit 9 de moins qu'en 2013, alors que le nombre de décès pour cette catégorie d'usagers a varié de 11 à 21 par année depuis 2009.

Des centaines de villes dans le monde, dont Sherbrooke, tiennent chaque année la « Randonnée du silence » pour commémorer le décès des cyclistes survenu l'année précédente.

Cette année, l'événement a lieu le 18 mai.

Sans parler d'hécatombe, il est inadmissible que des cyclistes soient fauchés en se rendant simplement au travail ou lors d'une randonnée à la campagne.

Il faut certes responsabiliser davantage les cyclistes et ceux-ci doivent respecter les règles élémentaires de prudence, mais de trop nombreux automobilistes - jeunes et vieux - sont irresponsables, voire agressifs, envers ceux qui circulent sur deux roues et qui ont bien peu de protection en cas d'impact, même en portant le casque.

En ce sens, il est plus que temps de serrer la vis et de changer les mentalités.

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