De la parole aux actes

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Avec la présentation des résultats de la première phase de l'étude de faisabilité de la firme AECOM sur le projet de voie de contournement à Lac-Mégantic, citoyens et élus ont au moins une idée de ce qui s'offre à eux pour placer le centre-ville à l'abri d'une nouvelle catastrophe ferroviaire et retrouver la paix d'esprit.

Toutefois, des deux scénarios présentés mardi soir, une voie de contournement de 11,9 km au coût de 115 millions $ ou le maintien du tracé actuel avec l'ajout d'un mur de protection, le second doit être rejeté sans hésitation.

Car, appelons cela de la sagesse populaire, le refus exprimé par le maire Jean-Guy Cloutier et de nombreux citoyens au sujet de ce « statu quo amélioré » est tout à fait légitime.

Nous comprenons que la firme AECOM a voulu présenter cette option afin de fournir un élément comparatif aux gouvernements.

Mais ériger un corridor de béton de près de trois mètres de hauteur pour enclaver la voie ferrée actuelle est une idée digne des années 1960, qui insulte l'intelligence des citoyens.

Une telle structure défigurerait le centre-ville, obligerait les personnes qui habitent à proximité de la voie ferrée à vivre devant un mur et aurait un effet dévastateur sur ce qui fait le charme de la capitale du Granit : une vue imprenable sur le lac Mégantic.

Depuis la tragédie de juillet 2013, l'idée d'une nouvelle voie ferrée pour contourner le centre-ville a fait son chemin et est maintenant considérée par la population comme la seule solution acceptable.

Le corridor de la future voie de contournement privilégié par AECOM, qui passerait au nord de Lac-Mégantic, permet aux Méganticois d'espérer de ne plus avoir à se battre pour reprendre une vie normale et favoriser la relance économique de la région.

Faut-il rappeler que l'Étude de santé populationnelle avait démontré en février dernier que plus de deux ans après la tragédie les deux tiers des citoyens de Lac-Mégantic souffraient encore de stress post-traumatique et que le sentiment d'insécurité augmentait dans la communauté au lieu de régresser?

La directrice de la Santé publique de l'Estrie, Mélissa Généreux, avait d'ailleurs estimé qu'une voie de contournement faciliterait le rétablissement de la population.

Toutefois, selon l'échéancier de la firme AECOM, la construction de cette voie ne pourrait se faire avant 2021-2022, soit neuf ans après le déraillement du convoi pétrolier de la compagnie Montréal Maine & Atlantic, ce qui est très long.

Mais il faut prendre en compte que la construction d'une nouvelle voie ferrée n'est pas une mince affaire puisqu'elle implique au préalable des achats de terrains, l'accord de la Commission de la protection du territoire agricole, une étude d'impact, l'ingénierie et le processus du BAPE.

Devant ce tableau somme toute encourageant, il ne manque que l'engagement financier du gouvernement fédéral, responsable du transport ferroviaire au pays.

Le premier ministre Justin Trudeau s'était dit en faveur d'une voie de contournement lors de sa visite à Lac-Mégantic pour la cérémonie d'adieu aux 47 victimes du déraillement, le 27 juillet 2013, alors qu'il était simple député.

L'automne dernier, le député conservateur de Mégantic-L'Érable, Luc Berthold, a indiqué que la voie de contournement et la sécurité ferroviaire étaient parmi ses priorités.

Et lors de sa visite à Lac-Mégantic à la fin avril, le ministre fédéral des Transports Marc Garneau s'est montré sensible au sort des Méganticois, mais sans prendre d'engagement pour la voie de contournement.

Presque trois ans après la tragédie, il est temps de passer de la parole aux actes.

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