La moins bonne nouvelle

ÉDITORIAL / Le patient est toujours malade, mais son état est stable. (Archives, La Tribune)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Le patient est toujours malade, mais son état est stable.

Voilà en gros le bilan de santé que fait la Ville de Sherbrooke des rivières Magog et Saint-François dans le suivi 2015 de la qualité de l'eau présenté lundi soir aux élus, ce qui constitue à la fois une bonne nouvelle et une moins bonne nouvelle.

D'une part, on peut se réjouir de constater que la qualité de l'eau soit demeurée relativement stable malgré la forte urbanisation à proximité des rives ces dernières années, en particulier dans le secteur de Rock Forest et aux deux extrémités du pont Jacques-Cartier, et de l'activité agricole dans le bassin versant de la rivière Saint-François, en amont de Sherbrooke.

Dans les deux cas, on peut penser que les normes plus sévères pour limiter l'érosion et les apports de sédiments dans les cours d'eau, tant dans le domaine de la construction que de l'agriculture, portent leurs fruits.

Parallèlement, la Ville de Sherbrooke poursuit son Plan d'action du bassin versant de la rivière Magog qui vise entre autres l'amélioration des stations d'épuration, l'aménagement de bassins de rétention pour les eaux usées combinées (égout et pluvial) afin de réduire les surverses et la mise aux normes des fosses septiques déficientes ou illicites.

D'autre part, faut-il vraiment se réjouir devant le constat que la qualité de l'eau soit pratiquement inchangée et soit qualifiée de «bonne ou satisfaisante» pour ce qui est de la rivière Magog et de «satisfaisante à mauvaise» dans le cas de la rivière Saint-François?

La chargée de projet en environnement à la Ville de Sherbrooke, Chantal Pelchat, reconnaît qu'il n'y a pas «d'amélioration rapide», mais estime que «nous y arriverons».

Quand? C'est difficile à dire au rythme où vont les choses et on est tenté de donner raison à la conseillère Nicole Bergeron qui se demande si nos petits-enfants «verront le bout d'assainir nos rivières».

Le problème des rivières est dû en bonne partie aux surverses, sans parler des rejets de produits chimiques, comme les médicaments et les hormones, et aux eaux de ruissellement provenant des zones agricoles.

La vidange l'automne dernier par la Ville de Montréal de 4,9 milliards de litres d'eaux usées directement dans le fleuve Saint-Laurent pour réparer un intercepteur, avec la bénédiction du ministère de l'Environnement, avait soulevé de nombreuses critiques de la part de citoyens, de scientifiques et de groupes environnementaux.

L'opération avait toutefois fait réaliser l'ampleur des rejets d'eaux usées par les municipalités du Québec.

Les municipalités ont recours aux surverses, c'est-à-dire au rejet de leurs eaux non traitées dans les cours d'eau, lorsque leurs stations d'épuration sont surchargées en raison de la combinaison des réseaux d'égout pluviaux et sanitaires, notamment lors de fortes pluies.

Au Québec, plus de 45 000 déversements ont été répertoriés en 2013 par le ministère des Affaires municipales, dont 1245 à Sherbrooke.

Il est là le vrai scandale et le combat est loin d'être gagné.

Le gouvernement du Québec vient de lancer une consultation en vue de sa future Stratégie de l'eau, qui vise une gestion durable de l'eau.

Une excellente idée.

Mais il pourrait commencer par s'entendre avec Ottawa pour débloquer les projets du Fonds Chantiers Canada et donner aux villes davantage de moyens pour améliorer leurs infrastructures de gestion des eaux usées.

En outre, qu'attend-on pour mettre en place une véritable gestion par bassins versants où tous, le ministère des Affaires municipales, celui de l'Agriculture, celui des Forêts et celui de l'Environnement, agiraient de façon mieux concertée avec les organismes de bassins?

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