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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Les données du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal démontrant que les dépenses des villes de plus de 100 000 habitants ont diminué en moyenne de 1,3 pour cent en 2014 constituent une bonne nouvelle pour les contribuables québécois, qui encaissent d'importantes hausses de taxes année après année.

Il faut maintenant souhaiter que cela continue.

Selon cet organisme, les dépenses des municipalités avaient augmenté de six pour cent en moyenne entre 2010 et 2013, soit deux fois plus que celles du gouvernement du Québec et trois fois plus que le taux d'inflation.

Mais 2014 a été une année de rationalisation, également marquée par le profond désaccord entre les administrations municipales et les syndicats sur le partage des déficits des régimes de retraite et sur la révision des modalités de négociations pour les conventions collectives.

À Sherbrooke, la diminution des dépenses a été de 1,8 pour cent et s'observe principalement dans le réseau d'électricité, les frais de financement et les contributions aux organismes, alors que celles reliées à la sécurité publique, aux biens, aux services et à la rémunération sont celles qui ont augmenté le plus.

On serait donc tenté de conclure, à première vue du moins, que lorsqu'elles en ont la volonté, les villes ont la capacité de contenir leurs dépenses, tout en préservant la qualité des services et en respectant leurs ententes avec les syndicats.

Il est vrai que le gouvernement québécois a fait beaucoup de « pelletage » dans la cour des municipalités, notamment en transport en commun, voirie, logement social, aide aux aînés et soutien au développement économique, ce qui les a poussées à réclamer davantage de fonds de l'État.

Toutefois, les données de HEC Montréal, même si elles ne portent que sur l'année 2014, risquent de fournir des munitions aux syndicats devant le discours voulant que le mode de négociation pour les conventions collectives est trop rigide et que les déficits des régimes de retraite représentent un trou sans fin.

Ces résultats financiers, après tout, ont été obtenus avant l'adoption en décembre 2014 par le gouvernement Couillard du projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite des employés municipaux, réclamée par les villes afin de permettre un refinancement à parts égales employeurs-syndiqués des déficits passés et futurs.

Parallèlement, les syndicats ont sûrement noté que même si les villes n'ont pas encore obtenu réponse

à leur demande pour décréter les conditions de travail de leurs employés, en cas de désaccord persistant, elles sont quand même parvenues à réduire leurs dépenses en 2014.

Évidemment, tout cela n'est pas une raison pour garder le statu quo.

Il faut rappeler que la rémunération des employés municipaux serait de plus de 30 pour cent supérieure à celle des fonctionnaires provinciaux, selon l'Institut de la statistique du Québec.

De plus, les villes québécoises ont peu de marge de manoeuvre, malgré une année 2014 sous le signe de la retenue.

Elles doivent impérativement diversifier leurs sources de revenus et devront trouver un terrain d'entente avec les syndicats, en se rappelant toutefois que les conventions collectives passées ont été dument négociées.

Au-delà de ces considérations, les deux parties devront aussi respecter la capacité de payer des contribuables qui, outre les hausses des taxes municipales ces dernières années, ont dû encaisser des augmentations de taxes scolaires, de tarifs d'électricité et de nombreux autres frais.

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