Pourquoi tant de précipitation?

ÉDITORIAL / À peine remis de la démission-surprise de Pierre Karl Péladeau, le... (Archives La Presse)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

ÉDITORIAL / À peine remis de la démission-surprise de Pierre Karl Péladeau, le Parti québécois est déjà engagé dans une course pour lui trouver un successeur.

Chez les militants et les députés, la pression est très forte pour élire rapidement un nouveau chef en vue de la rentrée d'automne.

Cela permettrait au parti de reprendre véritablement son rôle d'opposition officielle et de commencer à se préparer pour les prochaines élections, en 2018.

Toutefois, procéder à un couronnement n'est peut-être pas la meilleure stratégie.

Car, si une telle avenue apparaît séduisante, elle pourrait priver le parti et ses militants d'un débat nécessaire sur son avenir, notamment sur l'idée de mettre en veilleuse la souveraineté, sur la division du votre francophone et sur un éventuel regroupement avec d'autres formations politiques, qu'il s'agisse de la Coalition avenir Québec ou des forces progressistes.

Selon La Presse, la plupart des députés veulent une course rapide.

L'ancien chef du parti, Bernard Landry, estime que le PQ perdrait temps et argent en tenant une course.

Il invite même les militants à se rallier au député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, qui serait « favori » selon un sondage Léger Marketing avec 27 pour cent d'appuis des électeurs péquistes, contre 15 pour cent pour le député Bernard Drainville, 14 pour cent pour Jean-Martin Aussant (qui a annoncé qu'il ne sera pas de la course) et 11 pour cent pour la députée Véronique Hivon.

Il est vrai que M. Cloutier est populaire, jeune et qu'il avait terminé deuxième lors de la dernière course à la direction du PQ en mai 2015, il y a à peine un an.

En revanche, Véronique Hivon a la réputation d'être une rassembleuse et une politicienne de calibre qui a fait ses preuves avec la commission spéciale « Mourir dans la dignité », tandis que Bernard Drainville est un homme d'idées qui a le courage de ses opinions.

On peut donc se demander pourquoi précipiter les choses, surtout que l'été n'est pas une période propice aux débats et que l'Assemblée nationale ne siège pas.

De plus, les prochaines élections n'auront pas lieu avant le printemps 2018. Pourquoi alors le PQ ne se donnerait-il pas jusqu'à la fin de l'année?

Il est vrai qu'une course au leadership prendrait du temps et de l'argent, en plus de laisser le parti sans véritable chef avant 2017 pour représenter l'opposition officielle, bien que le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, ait été choisi hier chef par intérim.

Le PQ a toujours été un parti d'idées et de débats, il serait donc logique et démocratique de permettre aux militants et à l'ensemble des Québécois d'entendre ce que les futurs candidats proposent et de les questionner sur les grands enjeux auxquels est confronté le Québec.

Et ce ne sont pas les sujets qui manquent, à commencer par la question de la révision de l'article 1 du PQ sur la souveraineté, du renforcement de la loi 101 ou d'un énoncé juridique clair pour « enchâsser la laïcité dans la charte québécoise des droits et libertés », comme le suggère Djemila Benhabib, essayiste et ex-candidate péquiste dans la circonscription de Trois-Rivières.

Le PQ nous a habitués aux déchirements internes, aux crises existentielles et aux tergiversations au sujet de la souveraineté.

Un peu de calme et de réflexion serait sans doute salutaire, quitte à attendre jusqu'à fin de l'année pour choisir un nouveau chef.

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