À la croisée des chemins

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

ÉDITORIAL / La démission inattendue de Pierre Karl Péladeau porte un coup très dur au Parti québécois qui, à deux ans des élections de 2018, devra se passer des services de celui que bon nombre de militants considéraient comme le « sauveur » de la cause indépendantiste.

L'annonce de son départ, hier, obligera le PQ à trouver rapidement un successeur à PKP, ce qui s'annonce une tâche ardue compte tenu des difficultés de ce parti à la traîne dans les sondages et incapable de profiter des déboires du Parti libéral de Philippe Couillard.

Bref, le PQ se retrouve à nouveau à la croisée des chemins.

Visiblement dévasté lors de sa brève déclaration devant les médias, M. Péladeau a motivé sa décision par le besoin de mieux s'occuper de ses enfants alors qu'il vient de vivre une séparation très médiatisée d'avec son ex-épouse Julie Snyder, qui a d'ailleurs évoqué la situation familiale dimanche soir lors de la grand-messe de Tout le monde en parle.

La politique est un monde difficile et ingrat qui exige de nombreux sacrifices pour ceux et celles qui choisissent de s'y consacrer, de sorte que d'autres raisons peuvent aussi avoir incité M. Péladeau à tirer sa révérence, lui qui avait été couronné chef du PQ il a y à peine un an, le 15 mai 2015.

Ex-PDG de Québecor et indépendantiste convaincu, PKP était vu par les péquistes comme un symbole très fort : celui d'un homme d'affaires qui a réussi et qui croit au projet de faire du Québec un pays.

Au plan politique, l'ex-chef du PQ ne l'a toutefois pas eu facile depuis son arrivée à la tête du PQ en raison notamment de ses liens avec Québecor, dont il était demeuré l'actionnaire de contrôle, de son manque d'habileté avec les médias et de son inexpérience politique.

De plus, « l'effet » Péladeau ne s'est pas matérialisé dans les appuis à la souveraineté.

Son départ survient à un moment de grande remise en question au sein du Parti québécois et du mouvement souverainiste.

L'offre de « convergence » à Québec solidaire et Option nationale est reçue assez tièdement jusqu'ici, l'idée de la souveraineté est en perte de vitesse et le parti n'arrive pas à faire des gains dans les sondages malgré l'affaire Hamad, les arrestations d'anciens libéraux par l'Unité permanente anticorruption et une économie qui fait du sur-place.

« Ce n'est pas une bonne nouvelle pour le PQ qui est en pleine période de reconstruction avec un chef qui commençait à prendre ses repères et à trouver son élan politique », dit Émmanuel Choquette, chargé de cours à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

Ce dernier croit toutefois que le PQ pourra se remettre en selle en vue des élections de 2018.

Il est vrai que le PQ en a vu d'autres et que la politique est faite d'imprévus.

Une nouvelle course à la direction permettra peut-être au parti de faire un salutaire brassage d'idées, alors que des noms de successeurs potentiels circulent déjà, notamment celui de l'ancien chef d'Option nationale Jean-Martin Aussant et des députés Alexandre Cloutier et Véronique Hivon.

Mais le futur chef aura tout un défi à relever pour redéfinir le PQ, construire de nouvelles alliances si cela est possible et clarifier la stratégie pour la souveraineté, pourvu que ce projet ait encore un avenir.

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