Églises en péril

L'ancienne église de Saint-Claude.... (Archives, La Tribune)

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L'ancienne église de Saint-Claude.

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Elles sont à vendre, laissées plus ou moins à l'abandon où se cherchent une nouvelle vocation : la sauvegarde des vieilles églises du Québec, victimes de la désaffection des paroissiens, est ardue et nécessitera davantage de soutien financier de la part du gouvernement.

Bien que de nombreuses communautés soient parvenues à donner une nouvelle vie à leurs anciens lieux de culte, des centaines d'entre eux ont besoin de coûteuses réparations, sont visés par une fermeture ou mis en vente, lorsqu'ils ne tombent pas sous le pic des démolisseurs.

Plus de 450 lieux de culte (toutes confessions confondues) sont actuellement en « mutation », c'est-à-dire qu'ils sont visés par une fermeture, une vente ou une transformation, selon les données du Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), l'organisme mandaté par le gouvernement du Québec pour gérer l'aide financière destinée à la réparation et à la restauration des églises et chapelles de la province.

De ce nombre, près d'une centaine ont été acquis par les municipalités pour leur donner une nouvelle vocation et préserver un usage public, une tendance qui s'accélère.

En Estrie, plusieurs églises ont été fermées depuis une dizaine d'années, notamment à East-Hereford, Lac-Mégantic, Frontenac, Stanstead, Compton et Dixville.

À Sherbrooke, la dernière en date est l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, rue Galt Ouest, offerte à 850 000 $.

Après avoir obtenu une enveloppe de 20 millions $ pour l'année 2014-2015, le CPRQ a reçu cette année une somme de 10 millions $, mais il lui en faudrait beaucoup plus pour répondre aux besoins.

Ainsi, 59 projets de restauration sont prévus cette année au Québec, 51 pour des édifices, 7 pour des oeuvres d'art et 1 pour un orgue à tuyaux.

Ils visent autant la réfection des toitures, de la maçonnerie ou des vitraux que l'installation de système de gicleurs, comme c'est le cas par exemple à l'église Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke, de même qu'à l'église Saint-Georges de Georgeville et à l'église Saint-Louis-de-France, à East-Angus.

Que l'on soit croyant ou non, il est toujours triste de voir une vieille église de village ou de quartier être laissée à elle-même et finalement démolie parce que la fabrique ou la communauté n'a plus les moyens de l'entretenir.

Chaque fois, c'est une partie de notre patrimoine collectif qui disparaît.

On l'a vu à Saint-Claude, où l'imposante église construite en 1908 est tombée sous le pic des démolisseurs en 2011, et à Ham-Sud, où la vieille église de briques rouges a été mise en pièces en 2015.

Plusieurs églises connaissent toutefois connu un destin plus heureux : elles ont été transformées en bibliothèques, salles de spectacles, centres communautaires, musées et même en centre sportif, ce qui permet de conserver en tout ou en partie leur richesse patrimoniale et leur vocation de lieu de rencontre.

L'Estrie offre quelques exemples de réussite : à Magog, l'ancienne église Sainte-Marguerite-Marie abrite maintenant la bibliothèque municipale et le célèbre Vieux clocher loge depuis 1981 dans une ancienne église méthodiste.

À Sherbrooke, un centre d'escalade se trouve maintenant dans l'ancienne église Christ-Roi, un restaurant et un centre de création ont été aménagés dans l'ancienne église Sainte-Thérèse-d'Avila, tandis que des logements sociaux et communautaires occupent maintenant l'ancienne église Saint-Joseph.

Il est difficile d'avoir un portrait d'ensemble de l'état du parc immobilier religieux de la province puisque sa « gestion » est très décentralisée.

Avec la chute très prononcée de la fréquentation des églises - entre 5 et 10 pour cent des catholiques sont encore pratiquants - et des paroisses déficitaires, il sera impossible de sauvegarder tous les lieux de culte.

Il faudra faire des choix et privilégier les églises qui présentent le plus de valeur patrimoniale.

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