Enfin une bonne nouvelle pour Bombardier

ÉDITORIAL / La commande ferme de 75 avions CS-100 de Bombardier par le... (Archives, La Presse)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / La commande ferme de 75 avions CS-100 de Bombardier par le transporteur américain Delta, assortie d'une option sur 50 autres appareils,  constitue une excellente nouvelle pour ce fleuron québécois de l'aéronautique et pour ses dizaines de fournisseurs.

Pour Bombardier, on peut dire que ce n'est pas trop tôt puisque les commandes étaient nettement en deçà des attentes et que la multinationale québécoise est toujours en mal de liquidités.

De plus, en février dernier, l'entreprise avait annoncé 7000 mises à pied, dont 2400 au Québec, d'ici la fin de 2017 en vue de réduire ses coûts de production et de recourir davantage à la sous-traitance.

Le contrat avec Delta permet à Bombardier de franchir la barre des 300 commandes d'appareils CSeries, de sorte que les dirigeants de la compagnie se disent maintenant assurés de pouvoir aller de l'avant et de faire rouler à plein la chaîne d'assemblage de leur usine de Mirabel, donc d'y maintenir les emplois.

La compagnie aérienne Swiss a déjà commandé 30 avions CSeries, dont les premiers vols sont prévus en juillet, tandis qu'Air Canada a signé une lettre d'intention pour 45 appareils et s'est engagée à mettre en place un centre d'entretien au Québec.

Il reste à voir si ce succès engendrera de nouvelles commandes dans les années à venir et permettra à Bombardier d'atteindre la rentabilité en 2020, comme elle le prévoit, en souhaitant qu'il n'y ait pas de retards dans la livraison des aéronefs.

La commande de Delta, évaluée à 5,6 milliards $ US, constitue néanmoins un développement majeur pour l'entreprise.

Car Delta, le deuxième transporteur aérien en importance aux États-Unis, deviendra le plus important exploitant d'avions Bombardier dans le monde.

Cela témoigne d'une marque de confiance et donnera une grande visibilité aux avions CS-100 de la CSeries, considérés les plus écoénergétiques sur le marché.

Pour le Québec, ce véritable décollage des CSeries est évidemment un motif de fierté et devrait avoir un impact majeur sur des dizaines de PME sous-traitantes et sur l'économie de la province.

Aéro Montréal, un organisme de concertation qui réunit l'ensemble des dirigeants du secteur aérospatial québécois, estime à 200 le nombre d'entreprises qui oeuvrent dans le secteur de l'aéronautique au Québec, ce qui génère 40 000 emplois et des ventes annuelles de 15,5 milliards $.

Le Québec n'a donc tout simplement pas les moyens de se passer de ce secteur de pointe et doit le soutenir.

D'autres grands constructeurs d'avions reçoivent un soutien de l'État, notamment Embraer au Brésil et Boeing aux États-Unis, et il est normal que les gouvernements aident un secteur très concurrentiel comme l'aérospatiale.

Mais, aux yeux de nombreux observateurs, Bombardier semble abonnée à l'aide gouvernementale.

En novembre dernier, les chefs des partis d'opposition avaient remis en question, avec raison, l'injection de la somme d'un milliard $ US par le gouvernement du Québec dans le projet CSeries, sans avoir de garanties financières ni de plancher d'emplois.

Une interrogation qui était d'autant plus légitime alors que l'on demande aux contribuables de se serrer la ceinture.

Mais, hier, ils ont tous salué l'annonce de la commande de Delta.

Il reste à voir si la transaction forcera la main du gouvernement fédéral, toujours en discussion avec Bombardier qui lui demande également un milliard $ US.

On peut toutefois penser que le pari lui apparaîtra moins risqué maintenant que la compagnie semble à un tournant avec la plus importante commande de son histoire.

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