La solution?

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / À peine confirmée, l'implantation d'ici la fin de 2018 de 50 super-cliniques dans la province suscite des réserves de la part de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec(FIQ).

Et cela n'a rien de rassurant pour la population, particulièrement pour les quelque 400 000 Québécois sans médecin de famille.

Pourtant, ce projet, une promesse électorale des libéraux, apparaît de prime abord intéressant puisqu'il vise à permettre l'accès à un médecin 12 heures par jour, sept jours sur sept, et à désengorger les urgences.

De plus, a annoncé le ministre de la Santé Gaétan Barrette, c'est le gouvernement « et non les promoteurs immobiliers » qui décidera de l'emplacement des futures cliniques sur le territoire québécois.

Ces super-cliniques, en fait des Groupes de médecine familiale qui accepteront d'offrir davantage de services (radiographie, échographie et prélèvements), auront droit à un soutien financier et à l'ajout de personnel infirmier, à la charge du réseau.

Elles devront se soumettre à certaines contraintes, notamment d'offrir 20 000 consultations annuelles et que 80 pour cent des visites soient faites par des patients sans médecin de famille.

Serait-ce enfin la solution tant attendue pour mettre fin aux interminables heures d'attente à l'urgence et pour permettre aux patients d'obtenir un rendez-vous en clinique médicale sans devoir se livrer à un marathon téléphonique ou à faire le pied de grue tôt le matin?

Après des années de réorganisation et de promesses déçues, la population québécoise aura-t-elle droit à des soins réellement accessibles et de qualité?

Évidemment, ce projet cadre avec la logique du ministre Barrette qui, en créant les GMF, force le déplacement de services professionnels de première ligne des CLSC publics vers les GMF propriétés de médecins.

Cette situation est dénoncée par les syndicats, notamment la FIQ, qui y voit de « nouvelles structures au profit des médecins entrepreneurs ».

On peut leur donner raison jusqu'à un certain point.

Pourquoi, en effet, ne pas favoriser également des cliniques dirigées par des infirmières praticiennes spécialisées, les super-infirmières, pour faciliter l'accès aux soins de première ligne et de proximité, comme cela se fait à la Coopérative de solidarité SABSA (Services à bas seuil d'accessibilité) de Québec?

Pour sa part, la FMOQ est favorable aux super-cliniques, mais s'oppose à l'ouverture les soirs de fin de semaine, estimant que les gens se présentent surtout tôt en journée aux cliniques.

Elle anticipe même des problèmes de recrutement.

Pourtant, une simple visite dans les urgences surchargées des hôpitaux durant le week-end, et particulièrement le soir, démontre un réel besoin pour un meilleur accès aux soins de première ligne.

Bien qu'il s'agisse d'une énième formule pour améliorer l'accès aux soins de santé, le projet de super-cliniques fait sans doute partie de la solution, malgré les réserves qu'il suscite à la FMOQ et à la FIQ.

Après l'annonce d'un guichet d'accès à un médecin de famille, pour remplacer les listes d'attente régionales, le ministre Barrette va de l'avant avec les super-cliniques.

On ne pourra pas lui reprocher de manquer d'initiative ou de vision.

Les Québécois ne croient plus aux miracles en santé, mais ce projet soulève beaucoup d'espoirs, même s'il renforcera la prérogative des médecins.

Pourquoi ne favorise-t-on pas davantage l'apport des super-infirmières et une approche interprofessionnelle qui servirait sans doute mieux les citoyens?

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