La mode de l'insignifiance

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La Tribune du 19 avril nous apprenait que le Centre d'arts Orford était maintenant devenu Orford Musique. Après 65 années d'existence et une reconnaissance mondiale acquise sous ce nom, l'organisme vient de mettre à la poubelle cette appellation et son logo pour faire « moderne » en imitant les Aspen Music, Marlboro Music et tutti quanti afin de se positionner par rapport à d'autres grands festivals similaires. Comme s'il fallait toujours se renier, origine et langue, et se couler dans le moule de tout le monde en adoptant un nom plus « succinct » !

Le Centre d'arts Orford n'a pas eu besoin de cette conversion à la mode pour acquérir la renommée qui est la sienne. Faut-il être complexé et ne pas s'aimer pour singer ainsi les autres ?

Le nouveau directeur artistique du Centre d'arts Orford, Wonny Song, désire nous faire croire qu'on ne veut pas se débarrasser des arts visuels qui demeurent une facette importante des lieux. Cela reste à voir ! Car, outre les espaces pour les arts visuels qui ont été réduits depuis quelques années, l'organisme efface maintenant l'image créée par Yves Trudeau, grand sculpteur mondialement connu, pour représenter le Centre d'arts Orford. Celle-ci, de même que la sculpture du même artiste, située à l'entrée de la salle Gilles-Lefebvre, sont connues depuis belle lurette et ont certainement représenté la musique bien plus que l'image molasse maintenant proposée par la firme Cossette.

En effet, « Orford Musique » reste une expression abstraite, immatérielle et restrictive. Quant à la vague image « d'ondes amplificatrices » expliquée par les concepteurs de Cossette, elle peut aussi évoquer tout et n'importe quoi. Aux interprétations cartographiques on peut faire dire ce que l'on veut comme, par exemple, un relent de pollution émanant des ronds de fumée laissés par des fumeurs dans l'espace aérien du parc national du mont Orford.

En somme, pour résumer ces changements, on peut dire qu'on a remplacé des éléments visuels identitaires et significatifs par un nom et un logo abstraits et insignifiants. Quel bel écran de fumée publicitaire !

Normand Bernier, Stanstead

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