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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Les ennuis financiers de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue constituent le dernier exemple de l'appauvrissement des organismes qui viennent en aide aux démunis et de la dégradation du filet social québécois, une situation intenable qui semble indifférer le gouvernement Couillard.

Le régime d'austérité et le désengagement de l'État québécois sont la principale cause de cette situation, malgré les dénégations du gouvernement libéral.

L'Institut de recherche et d'informations socio-économiques évalue à 4 milliards $ les compressions imposées par Québec depuis 2014 en éducation, santé et services sociaux, aide à l'emploi, développement local et régional, logement, etc.

Au plan régional, les difficultés des organismes communautaires s'expliquent entre autres par l'abolition des Conférences régionales des élus (CRÉ) et des forums jeunesse, l'an dernier, qui contribuaient à leur financement.

L'ancien président de la défunte CRÉ de l'Estrie Jacques Demers rappelle que les 8,2 millions $ annuels dont disposait l'organisme pour ses différents mandats (développement économique, pacte rural, aide aux aînés, immigration et lutte à l'exclusion, notamment) ont été réduits à 1,2 million $ aujourd'hui et que le volet social a écopé.

Jacques Demers affirme qu'aucune somme de la CRÉ n'a été dirigée vers ces missions-là. « C'est vraiment une perte importante », dit-il.

À Sherbrooke, plusieurs organismes d'aide directe aux démunis, aux jeunes et aux aînés ont subi des coupes budgétaires les obligeant à mettre du personnel à pied, à réduire leurs services et à multiplier les appels à l'aide auprès du public, des organismes et des gens d'affaires.

Parmi ceux-ci se trouvent la Maison oxygène, qui offre de l'hébergement psychosocial aux pères en difficultés et à leurs enfants, le Tremplin 16-30, la Chaudronnée de l'Estrie, le Journal de rue et maintenant la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, aux prises avec un déficit de 200 000 $.

Cet organisme pourrait être contraint en dernier recours de faire des mises à pied alors que son rôle est reconnu comme essentiel au centre-ville de Sherbrooke où se concentrent la pauvreté, les itinérants, les jeunes désoeuvrés, etc.

En février dernier, la Direction de la santé publique de l'Estrie dressait un portrait saisissant de ce quartier qui se distingue notamment par un taux de mortalité prématurée deux fois plus élevé qu'ailleurs en Estrie.

Sa directrice, Mélissa Généreux, soulignait que les besoins en santé physique et psychologique y sont de plus en plus importants tant pour les aînés, les adultes, que les enfants.

Parmi les maux qui affectent la population de ce secteur : faible revenu, isolement, insécurité alimentaire, incidence plus élevée des infections transmissibles sexuellement et par le sang, maladies respiratoires et détresse psychologique.

La directrice de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, Chantal Fortier, avait alors révélé que la fréquentation du local d'accueil de l'organisme avait augmenté de 141 pour cent en 2014-2015.

Devant un tel constat, il est incompréhensible que les ressources de base comme la Coalition, la Chaudronnée ou le Tremplin 16-30 doivent continuellement se battre pour survivre.

Les organismes ont certes la responsabilité d'avoir une saine gestion et de mener leurs propres activités de financement, ce qu'ils font d'ailleurs, mais cela ne dispense pas le gouvernement de leur assurer un soutien au nom de la justice sociale.

Ces groupes ne demandent pas la charité, mais simplement d'avoir les moyens de remplir leur mission : venir en aide aux plus mal pris.

Leur couper les fonds est irresponsable, antisocial et, à la limite, méprisable dans une société riche qui a les moyens de faire des choix.

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