Pas de raison de fêter

Les Canadiens avaient bien peu de motifs pour célébrer le Jour de la Terre,... (Archives, La Presse)

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Les Canadiens avaient bien peu de motifs pour célébrer le Jour de la Terre, hier, du moins en ce qui a trait à la lutte contre les changements climatiques.

Près de 20 ans après la signature du défunt Protocole de Kyoto, les gouvernements qui se sont succédé à Ottawa ont été incapables d'adopter des mesures efficaces pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre (GES), malgré leurs promesses.

Et voilà que le Directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, affirme dans un rapport que le Canada ne parviendra pas à réduire ses émissions de GES de 30 pour cent d'ici 2030, par rapport à leur niveau de 2005.

Or, cette cible de 30 pour cent avait été fixée par le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper, celui-là même à qui on reprochait de se traîner les pieds en matière de lutte aux changements climatiques!

À son arrivée au pouvoir l'an dernier, le premier ministre Justin Trudeau avait promis de faire mieux et de mettre en place diverses mesures avec les provinces, dont l'imposition d'une taxe sur le carbone, mais n'a pu obtenir d'accord jusqu'ici.

Le Canada, bien qu'il produise moins de deux pour cent des émissions mondiales de GES, a un très mauvais bilan en dépit des efforts - inégaux - des provinces et du gouvernement fédéral, dont des mesures mises en place pour la production d'électricité propre et le développement du transport en commun.

Résultat : les émissions canadiennes de GES ont augmenté de 20 pour cent entre 1990 et 2014, alors que celles des pays de l'Union européenne ont diminué.

À ce rythme, il est donc très difficile de croire que le Canada parviendra à réduire ses émissions de 30 pour cent d'ici 2030.

Le problème du premier ministre Trudeau dans ce dossier est que, malgré une image de politicien progressiste et de grand défenseur de l'environnement, il n'est pas parvenu jusqu'ici à donner une nouvelle vision au pays ni à préciser d'objectifs clairs.

De plus, l'industrie pétrolière et gazière, dont les émissions ont augmenté de 79 pour cent de 1990 à 2014, selon Environnement Canada, a des projets d'expansion, notamment avec l'oléoduc Énergie Est qui doit transporter le pétrole de l'Ouest jusqu'aux Maritimes.

Parallèlement, les émissions du secteur du transport ont progressé de 32 pour cent durant la même période malgré l'amélioration de l'efficacité énergétique des voitures et des camions légers, en raison de la popularité des grosses cylindrées et de l'augmentation du nombre de véhicules sur les routes.

Bref, le Canada s'en va dans la mauvaise direction, ne semble pas avoir de réelle volonté de corriger le tir et manque de crédibilité.

Le premier ministre Trudeau, qui signait hier aux Nations unies l'Accord de Paris sur la lutte contre les changements climatiques, avec les représentants de 174 autres pays, nous dit que le véritable combat débute maintenant.

On ne demande qu'à le croire, d'autant plus qu'Ottawa et les provinces doivent adopter un plan d'action d'ici l'automne.

S'il est sérieux, le gouvernement Trudeau devra fixer des objectifs ambitieux et contraignants pour favoriser une véritable transition vers les énergies vertes et tourner graduellement le dos au pétrole.

La lutte aux changements climatiques est un enjeu mondial et les gros pollueurs comme les États-Unis, la Russie, l'Inde et la Chine ont aussi une énorme responsabilité.

Mais le Canada doit passer de la parole aux actes. Il est plus que temps.

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