Une perte énorme

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Nous n'avons sans doute pas fini de mesurer l'impact de la fin des activités de diffusion du Théâtre Centennial, non seulement sur la diversité de l'offre culturelle en Estrie, mais aussi sur le rayonnement de la région au pays

À bout de souffle financièrement, en raison notamment de la décision de l'université Bishop's de retirer son soutien annuel de 200 000 $, le Centennial en est donc à sa dernière saison.

Cette salle offrait une programmation unique dans plusieurs disciplines, musique classique, jazz, musique du monde, théâtre et danse professionnelle, qui se voulait en quelque sorte complémentaire à ce qui se faisait ailleurs.

Il est vrai que le créneau assez pointu du Centennial n'attirait pas les foules, du moins pas généralement, avec une moyenne d'assistance de 30 pour cent, en très grande majorité francophone.

Ce lieu de diffusion a permis aux Sherbrookois et aux Estriens de voir et d'entendre au fil des ans Marcio Faraco, Érik Truffaz, Louise Lecavalier et Harry Manx, entre autres, des artistes venus d'un peu partout et qui ne se seraient peut-être pas produits ici n'eut été de la scène du Centennial.

On peut d'ailleurs se demander pourquoi la direction de Bishop's a fait le choix de lui couper les vivres alors qu'elle consacre passablement d'argent pour le sport.

Il faut toutefois reconnaître que l'université n'a pas le mandat d'être un diffuseur culturel.

Le Centennial recevait également des fonds des gouvernements fédéral et provincial.

La fin des activités de diffusion de cet auditorium de 550 sièges réputé pour son excellente acoustique est déploré notamment par le Regroupement québécois de la danse qui craint un «impact majeur sur le développement des arts de la scène».

Dans le milieu culturel sherbrookois, plusieurs estiment qu'il s'agit d'une perte pour la diversité culturelle et pour les artistes qui se démarquent du courant dominant.

Certains feront valoir que si les spectateurs et les recettes ne sont pas au rendez-vous, il ne sert à rien de vouloir préserver une programmation pointue ou trop spécialisée.

On peut rétorquer que présenter des spectacles comme ceux offerts par le Centennial ne peut être toujours rentable et nécessite un soutien du milieu, donc du public, évidemment, mais aussi des villes et des gouvernements.

Il s'agit d'un choix de société.

L'humour et les spectacles grand public ont certes leur place et sont généralement très lucratifs, mais ne représentent pas tout ce qui se fait ici ni la diversité d'une culture mondialisée à laquelle souscrivent autant les créateurs d'ici que d'ailleurs.

Parallèlement, pour une Marie Mai et un Yoan, il y a de nombreux jeunes artistes, Philippe Brach, Safia Nolin ou Philippe B, par exemple, qui expriment la vitalité culturelle québécoise.

Le Centennial pourrait-il remplacer le projet de salle intermédiaire pour l'enfance et la jeunesse mis de l'avant par le diffuseur «Côté scène»?

Non, répond Lilie Bergeron, membre du comité artistique.

«Il faut un contrôle sur la programmation; en étant locataire on n'aurait pas ce contrôle. Il faut insister sur l'importance de se consacrer à l'enfance et à la jeunesse», dit-elle.

Les Sherbrookois et les Estriens peuvent au moins se consoler en se disant que le Centre culturel de l'université de Sherbrooke, le théâtre Granada, Orford Musique et de nombreuses petites salles de spectacles vont continuer chacun à sa façon à faire rayonner la culture d'ici et d'ailleurs.

Toutefois, les amateurs de jazz, de danse contemporaine et de musique du monde devront probablement se rendre à Montréal plus souvent pour entendre leurs artistes préférés et faire des découvertes.

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