Nos institutions ont failli à leur tâche

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Natalia et sa mère, Alba Aracelly Amaya Gomez

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La Tribune

À la lecture du message de reconnaissance de Mme Alba Aracelly Amaya Gomez (La Tribune, 4 avril 2016), mère de la jeune étudiante colombienne Natalia Vanessa Jiménez Amaya, décédée lors d'un court séjour à l'Université de Sherbrooke dans le cadre d'un programme d'échange en langues, je suis encore une fois chaviré par l'inconsolable tristesse de cet évènement et ému par la grande générosité et la foi profonde de cette dame.

Par contre, les sentiments les plus forts qui m'habitent encore lorsque je pense à cette tragédie sont l'indignation et une rage viscérale envers nos institutions qui faillirent à leur tâche envers cette vulnérable et innocente personne. Natalia ne fut pas victime d'un quelconque accident, mais celle d'un arrimage défectueux entre deux systèmes aux structures déficientes sur le plan social qui, malgré leur vocation prétendue, n'ont pas su tenir compte de la dimension humaine, de l'isolement possible, du manque d'informations ou de ressources de cette jeune bénéficiaire.

Malgré ses qualités et sa réputation enviable, l'Université de Sherbrooke a évidemment beaucoup de rattrapage à faire lorsqu'il s'agit de ses procédures d'accueil d'étudiants étrangers, tant sur le plan de l'intégration culturelle que celui de l'information essentielle sur l'accès aux services de santé. Ces étudiants méritent un suivi individuel et personnalisé durant leurs séjours, eux pour qui c'est souvent leur premier périple en terre étrangère (...).

(...). Nous partageons tous une responsabilité envers les autres et surtout les plus fragiles. Que l'accès et l'arrimage des services de première instance demeurent si médiocres, qu'une personne puisse aujourd'hui se retrouver dans une telle situation est bien la preuve d'une incompétence endémique et structurelle. Que, d'après l'article de la journaliste Jacynthe Nadeau du 18 décembre dernier, l'institution universitaire n'ait pas non plus voulu révéler s'il s'agissait d'un premier cas du genre et ensuite répondre qu'il était trop tôt pour se prononcer si elle allait changer quelque chose à ses procédures d'accueil d'étudiants étrangers, ne me donne pas d'espoir qu'il y ait une volonté de regarder la réalité en face avec l'intention ferme de l'améliorer.

Il me semble tristement ironique d'entendre nos élus promettre de ne pas bâcler l'intégration des 25 000 ressortissants syriens (...) lorsqu'on ne peut même pas s'occuper d'une étudiante qui tombe malade chez nous et qui pourtant n'était pas arrivée en catastrophe.

Mes condoléances les plus sincères à Mme Amaya Gomez et pardon.

Kevin McKenna,

Sherbrooke

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