Un gouvernement déjà usé

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / En procédant en janvier à un remaniement ministériel pour donner un nouvel élan à son gouvernement, le premier ministre Philippe Couillard ne s'attendait certainement pas à se retrouver si rapidement en eaux troubles et à projeter, à mi-mandat, l'image d'un gouvernement usé prématurément.

L'annonce, hier, du départ pour une période indéterminée de Luc Fortin, député de Sherbrooke et ministre de la Culture depuis seulement deux mois, pour cause d'épuisement, est la dernière d'une série de tuiles qui semblent s'abattre sur le ce gouvernement élu en avril 2014.

En février dernier, M. Couillard avait dû remplacer de façon permanente un pilier de son gouvernement, Pierre Moreau, qui serait aux prises avec un cancer, alors qu'il venait à peine d'être nommé ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.

Auparavant, la vice-première ministre Lise Thériault avait dû prendre un congé de maladie de plusieurs semaines. Elle est revenue en janvier dernier.

À cela s'ajoutent les démissions de Marguerite Blais, Gilles Ouimet et Robert Dutil, en 2015.

Évidemment, le premier ministre n'a aucun contrôle sur ce genre de situation et on ne peut que souhaiter un prompt rétablissement aux deux politiciens en congé forcé.

Mais c'est le récent coup de filet de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), qui a procédé à l'arrestation de l'ancienne vice-première ministre libérale Nathalie Normandeau et d'un ancien politicien libéral, Marc-Yvan Côté, pour complot, fraude, corruption et trafic d'influence, qui a surtout porté un coup très dur aux libéraux de Philippe Couillard.

Et comme si cela ne suffisait pas, il y a deux semaines, Sam Hamad, président du Conseil du trésor, a été écarté du Conseil des ministres à la suite de révélations de l'émission Enquête, selon lesquelles il aurait fourni des informations privilégiées à l'ex-député Marc-Yvan Côté dans un dossier d'aide financière pour l'entreprise Premier Tech.

Le commissaire à l'éthique et à la déontologie des membres de l'Assemblée nationale, Me Jacques Saint-Laurent, produira un rapport à ce sujet.

Devant cette affaire, qui s'est rapidement transformée en crise politique, la réaction de M. Couillard a été malhabile.

Il a d'abord nié la gravité de la situation et a presque excusé son ministre d'avoir filé en Floride en pleine tourmente, avant de se raviser et d'accepter la démission de M. Hamad.

Par la suite, le premier ministre s'est distancé de l'ancien gouvernement de Jean Charest et s'est dégagé de toute responsabilité dans les pratiques de financement du Parti libéral du Québec avant qu'il en devienne le chef, en 2013.

Mais il est revenu à la charge, hier, en soutenant cette fois que le gouvernement Charest a été honnête et intègre.

Comprenne qui pourra!

Bien sûr, les personnes arrêtées sont innocentes jusqu'à preuve du contraire et il faut laisser l'UPAC poursuivre son travail d'enquête et prouver, s'il y a eu, l'existence de liens entre le financement des partis politiques et l'attribution de contrats.

Toutefois, l'attitude du chef libéral dans le contexte actuel témoigne d'une mauvaise lecture de l'humeur populaire, qui en a passablement marre de ces histoires, et démontre de sérieux problèmes d'éthique et de communication.

Philippe Couillard a beau répéter que ces choses appartiennent au passé, il donne l'impression d'être constamment en train d'éteindre des feux au lieu d'offrir une direction claire pour le Québec, bref de gouverner.

Après deux ans de pouvoir, son gouvernement apparaît donc usé et sans direction.

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