Quand le design s'amène à l'école

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Dans un article fort intéressant paru récemment sur le site de La Presse, on traitait d'écoles primaires québécoises qui, après des rénovations ou à la suite d'une nouvelle construction, proposaient dorénavant un design se démarquant nettement de l'école typique. Parler de ce sujet à ce moment-ci est plutôt opportun, dans la mesure le gouvernement investira des millions dans les infrastructures scolaires à court et moyen terme. D'un côté, il y a la nécessité de construire de nouvelles écoles là où les besoins changent et émergent, comme c'est le cas à Sherbrooke. De l'autre côté, et il s'agit là d'un dossier chaud pour le ministère de l'Éducation, le réseau scolaire montre de plus en plus de signes de décrépitude, ce qui est préoccupant.

De fait, un reportage de TVA exposait en mars dernier les données du Ministère quant au nombre d'écoles qui ont besoin de travaux majeurs, à la grandeur de la province : c'est près de 480 bâtiments qui auraient besoin d'investissements relativement urgents. Dans la région, on retrouve sur cette liste l'école Saint-Philippe de Windsor (il n'est pas clair si c'est avant ou après les récents travaux), l'école Saint-Laurent de Lawrenceville, le pavillon 1 de l'école des Deux-Soleils à Magog et l'école Notre-Dame-de-Lourdes de Saint-Adrien.

Simplement pour ces quatre bâtisses, les estimations font état de déboursés tournant autour de 5.7 M$! À cela s'ajouteraient, toujours en Estrie, deux écoles (parmi 55 autres dans la province) qu'il serait plus rentable de rebâtir, soit l'école Notre-Dame près de Sainte-Christine et l'école Jardins-des-Frontières à Standstead, au coût d'environ 6 M$. Paradoxalement, ces montants somme toute importants paraissent bien minimes quand on sait qu'il faudrait près de 3.5 milliards de dollars pour retaper l'ensemble du réseau scolaire, dont le tiers à Montréal seulement.

Le gouvernement n'a bien sûr pas les moyens d'investir autant d'argent à court, voire à moyen terme. Néanmoins, il n'a d'autre choix que d'y consacrer plusieurs dizaines de millions annuellement, ne serait-ce qu'à cause d'obligations légales. Ce faisant, il serait pertinent qu'une culture du long terme fasse son chemin dans la conception et la réfection de nos infrastructures, ce qui n'est pas gagné d'avance. Par exemple, est survenu il n'y a pas très longtemps le cas d'une école à reconstruire à Montréal où les architectes avaient opté pour la géothermie comme moyen de chauffage. Refusée initialement, cette option a finalement été acceptée par le gouvernement, après de nombreuses critiques, en toute logique et selon la perspective d'économies futures significatives qui rentabiliseraient assurément le déboursé supplémentaire initial.

Cependant, outre le design utilitaire, il y a le design visuel qui mériterait d'être davantage considéré, bien que l'idée que le beau coûte (trop) cher persiste. Pourtant, il a été mainte fois démontré qu'un design recherché n'était pas nécessairement une dépense superflue. En outre, dans le cas qui nous concerne, une étude anglaise aurait démontré qu'un tel environnement avait un impact positif chez les élèves, allant jusqu'à augmenter les taux de réussite. Parmi les caractéristiques de ces écoles « in », on retrouve un éclairage naturel abondant, un agencement de couleurs vives et apaisantes, des espaces vastes et aérés, le tout soutenu par une réflexion où l'on a fait l'exercice de se mettre à la place (et la hauteur!) des élèves. Soulignons aussi des initiatives où, pour rentabiliser l'investissement, on a amalgamé plusieurs services à la communauté dans un même bâtiment : école, bibliothèque, atelier de travail manuel, locaux pour de la formation citoyenne, etc. (cherchez « école du futur en Finlande » sur Google pour un exemple probant).

Bref, à l'heure où nous aurons collectivement à injecter des centaines de millions de dollars année après année dans nos écoles, il apparait tout à fait opportun de considérer un changement dans nos pratiques usuelles, ce qui aurait assurément des répercussions plus larges dans notre société.

Vincent Beaucher (@Vbeaucher) enseigne en éducation à l'UdeS et à Bishop's. Pour lire d'autres textes liés à l'éducation, visitez le www.webeducation.ca ou www.facebook.com/webeducation.

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