Cruel désaveu

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Le Nouveau parti démocratique (NPD) est-il aussi sévère avec ses chefs que l'est le Parti québécois?

Le résultat du congrès du parti, le week-end dernier à Edmonton, donne à penser que oui : Thomas Mulcair s'est fait montrer la porte avec un « maigre » 48 pour cent d'appuis, alors qu'il en avait recueilli 92 pour cent il y a trois ans et souhaitait un seuil minimal de 70 pour cent cette fois-ci.

Visiblement, les délégués ne lui ont pas pardonné l'amère défaite du 19 octobre dernier.

Alors que le NPD menait dans les sondages en début de campagne électorale et pouvait entrevoir la victoire, il a terminé troisième dernière les conservateurs et a vu sa majorité au Québec fondre comme neige au soleil.

Il s'agit de la première fois dans l'histoire du NPD qu'un chef est ainsi désavoué.

M. Mulcair était pourtant parvenu à rassembler le parti après le décès tragique de Jack Layton, en 2011, et s'est révélé comme l'un des meilleurs chefs d'opposition dans l'histoire récente des Communes.

Mais sa décision lors de la dernière campagne électorale d'abandonner les positions traditionnellement de gauche du parti dans l'espoir d'élargir ses appuis et de ravir le pouvoir lui aura coûté cher.

Tout comme la controverse sur le port du niqab lors des cérémonies d'assermentation, alimentée par les conservateurs de Stephen Harper, qui avait plombé la campagne électorale des néo-démocrates, particulièrement au Québec.

À cela s'est ajouté ce week-end le manifeste « Un bond vers l'avant », qui propose la fin des projets de pipelines, un sujet évidemment très controversé dans une Alberta durement touchée par la chute du prix du pétrole.

D'ailleurs, Rachel Notley, première ministre néo-démocrate de cette province, a rappelé aux délégués la veille du vote que les électeurs albertains sont pour beaucoup des travailleurs de l'industrie pétrolière qui voient dans les pipelines la solution pour acheminer les hydrocarbures vers les marchés internationaux.

Visiblement, l'appui des militants du Québec n'a pas suffi.

Résultat : le NPD se retrouve dans une position très inconfortable, celle d'un parti qui veut à la fois représenter la gauche progressiste au Canada tout en ayant soif de pouvoir ce qui, malheureusement, exige parfois de douloureux compromis.

Et un parti divisé non seulement au sujet de son chef, mais également sur l'enjeu des pipelines et du pétrole, ce qui teintera certainement la prochaine course au leadership.

Le vote de dimanche constitue une sévère rebuffade pour Thomas Mulcair, mais celui-ci n'est pas au bout de ses peines puisqu'il doit en principe demeurer chef du NPD jusqu'au choix de son successeur, d'ici un an ou deux.

Comment sera-t-il perçu par les autres partis politiques qui pourront demander, à juste titre, s'il peut encore parler au nom du NDP?

Du reste, pourquoi M. Mulcair resterait-il comme chef si la majorité des troupes néo-démocrates ne veut plus de lui?

Des députés québécois, notamment Pierre-Luc Dusseault, Romeo Saganash et Christine Moore, se disent peinés du résultat du vote de dimanche.

D'autres ont déjà tourné la page et veulent se préparer pour les élections de 2019 alors que circulent les noms des députés Niki Ashton, Nathan Cullen et Peter Julian comme prétendants à la succession de M. Mulcair.

Chose certaine, si M. Mulcair décidait de partir avant l'arrivée de son successeur, cela laisserait un grand vide au sein de l'opposition aux Communes.

Et cela au moment où les libéraux de Justin Trudeau demeurent très populaires et ont beau jeu de se présenter comme des progressistes, voire comme une solution de rechange aux néo-démocrates.

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