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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / La disparition de la division Environnement à la Ville de Sherbrooke et le transfert de ses activités au Service de la planification urbaine et du développement durable envoient un message pour le moins ambigu à la population, aux entrepreneurs et aux industries, celui que la protection de l'environnement est désormais subordonnée au développement du territoire.

Ou, à tout le moins, que la préoccupation environnementale passe au second plan à l'heure des restructurations et de l'austérité budgétaire,

Cette décision administrative, qui entraîne également l'abolition du poste de chef de la division de l'Environnement, soulève une question fondamentale : défendra-t-on avec autant de vigueur la vision environnementale lorsque celle-ci entrera en conflit avec des projets de développement, qu'il s'agisse par exemple de préservation des milieux humides, de la forêt urbaine ou de la protection des berges?

Sherbrooke n'est pas la seule à agir de la sorte et à relativiser les enjeux environnementaux.

Depuis quelques années, les ressources allouées à la protection de l'environnement diminuent à tous les paliers de gouvernement au nom de la rigueur budgétaire.

Ainsi, le budget du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques subit une nouvelle coupe de trois pour cent cette année, tandis que l'aide financière gouvernementale aux Conseils régionaux de l'environnement est réduite de 10 pour cent.

Sans compter la diminution des budgets gouvernementaux pour la recherche au fil des ans.

Et cela alors que les défis environnementaux sont plus importants que jamais!

La Ville de Sherbrooke et, assurément, les employés du Service de la planification urbaine et du développement durable ont une conscience environnementale.

Mais l'absence d'une direction propre à l'Environnement ne risque-t-elle pas de faire passer au second plan les critères environnementaux dans les projets d'aménagement et de développement?

Jacinthe Caron, directrice générale du Conseil régional de l'Environnement (CRE) de l'Estrie, estime que l'équipe en place à la Ville aura la capacité de poursuivre son mandat adéquatement.

Mais elle s'inquiète de la persistance de la pensée environnementale à la Ville de Sherbrooke avec l'abolition du poste de chef de la direction de l'Environnement.

« Qu'adviendra-t-il de la vision, qui va s'en occuper, que l'on pense à la charte des changements climatiques, à l'électrification des transports ou à l'innovation? » demande-t-elle.

À cet égard, le raisonnement de la présidente du Comité environnement, Christine Ouellet, selon lequel la Ville pourra toujours compter sur les citoyens pour la rappeler à l'ordre au besoin, est un peu court.

L'administration municipale n'est-elle pas là pour justement définir les priorités, la vision et pour jouer un rôle de chien de garde sur son territoire? Et s'assurer que tous, entrepreneurs en construction, constructeurs routiers et industriels, aient la préservation de l'environnement à coeur?

De surcroît dans une ville de 164 000 habitants qui connaît un important développement immobilier?

La Ville de Sherbrooke a toujours eu la réputation d'être une ville « verte » qui plaçait l'environnement au coeur de ses décisions.

Elle a fait oeuvre de pionnière, notamment dans le traitement des eaux usées, la collecte sélective et la gestion des matières résiduelles.

Il faut donner la chance au coureur.

Mais la décision d'abolir la division Environnement pour la rapatrier au Service de la planification urbaine et du développement durable tranche avec le discours officiel.

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