Il faut une solution durable

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

ÉDITORIAL / La décision de l'Université de Sherbrooke de ne plus contribuer au financement de la navette spéciale pour les étudiants fêtards, le jeudi soir, en raison de restrictions budgétaires, risque de mettre en péril ce service.

Et, ultimement, de ramener les problèmes de grabuges dans les autobus du circuit régulier.

Elle laisse la Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS) le fardeau d'assumer seule les coûts de ce service, autour de 900 $ par soir (près de 10 $ par utilisateur selon la FEUS), ce qui est beaucoup d'argent pour une association étudiante.

Le conseil d'administration de la FEUS doit étudier la situation lors de sa réunion du mois d'avril et tentera de trouver une solution avec la Société de transport de Sherbrooke (STS).

Mais, d'ores et déjà, son président Bruno Vachon affirme qu'il n'est pas question que la STS débourse pour un service spécial destiné à une clientèle particulière, alors que le campus est déjà desservi par des circuits réguliers.

En effet, est-ce à l'ensemble des citoyens et des usagers de la STS qu'il revient de payer pour un service mis sur pied pour des fêtards incapables de respecter les consignes de sécurité et de civisme dans les autobus réguliers?

La navette du jeudi soir fait la liaison entre le campus du quartier ouest et la station de la rue du Dépôt, avec un seul arrêt en chemin au coin de la rue Galt ouest et du boulevard de l'Université, afin de permettre aux amateurs de «5 à 7» sur le campus de poursuivre leur soirée au centre-ville.

L'instauration de ce service, au printemps 2015, à la suite d'un projet-pilote avec la présence d'un agent de sécurité à bord, avait permis de ramener le calme dans les autobus du circuit régulier après des mois de tension.

Le comportement et des agissements d'étudiants fêtards engendraient des problèmes de sécurité et mettaient la patience des chauffeurs à rude épreuve.

À l'époque certains d'entre eux avaient même dû interrompre leur trajet, ce qui avait incité la STS à suspendre pour un mois la desserte régulière sur le campus, les jeudis soirs.

Aujourd'hui, le service de navette semble être remis en question.

La FEUS, on le comprend, ne veut pas risquer de perdre à nouveau le service régulier, advenant des problèmes avec l'abolition de la navette, et ne veut pas non plus mettre fin aux activités sociales sur le campus.

Les années d'études universitaires sont parmi les plus belles d'une vie et le propre de la jeunesse est d'avoir une vie sociale intense et, à l'occasion, festive.

Certains étudiants ont toutefois un sens de la fête plus poussé que d'autres... C'est la vie, mais cela ne doit pas constituer une nuisance telle qu'elle puisse mettre en péril la sécurité dans le transport en commun.

Alors, que faire?

Il serait injuste de stigmatiser les quelque 90 utilisateurs du service de navette, mais il est impensable que les chauffeurs des circuits réguliers doivent à nouveau faire la police si la navette disparaît.

De plus, veut-on inciter les étudiants fêtards à recourir à l'automobile individuelle pour se rendre au centre-ville les jeudis soir?

La solution ne sera pas facile à trouver.

La FEUS entend évaluer si le service de navette est encore pertinent.

Gageons que oui, à moins que les problèmes de comportement se résorbent d'eux-mêmes.

Tôt ou tard, l'Université de Sherbrooke devra revoir sa décision et s'entendre sur une formule de financement avec la FEUS et la STS, quitte à mettre à contribution les utilisateurs.

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