Troublant

ÉDITORIAL / Les données de la Sûreté du Québec (SQ) selon lesquelles ses... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Les données de la Sûreté du Québec (SQ) selon lesquelles ses policiers ont une espérance de vie inférieure de 15 ans à celle des Québécois en général et consomment beaucoup plus de médicaments que la moyenne des citoyens sont troublantes.

Elles méritent une analyse approfondie de l'impact de l'organisation de leur travail sur leur santé.

L'Association des policières et des policiers provinciaux du Québec (APPQ), qui gère elle-même les régimes d'assurance-vie et d'assurance médicaments de ses membres, a découvert que l'âge moyen de décès des policiers de la SQ au cours des 13 dernières années est de 66,8 ans, alors que l'espérance de vie des Québécois est de 82,2ans.

De plus, après avoir mandaté la firme Aon-Hewitt pour analyser les réclamations des policiers au régime d'assurance médicaments, l'APPQ a découvert que ces derniers consomment le double et parfois même le triple des médicaments que la moyenne des clients de cette firme conseil en ressources humaines et courtage d'assurance.

Ainsi, les policiers de la SQ feraient une consommation élevée de médicaments pour des problèmes de santé mentale, des troubles cardiovasculaires et gastro-intestinaux, la gestion de la douleur et les problèmes respiratoires, notamment.

Ces données ont estomaqué l'APPQ, avec raison. Celle-ci veut maintenant étudier l'impact des méthodes de travail des policiers sur leur santé.

On sait que le travail de policier est, par définition, exigeant et parfois dangereux: outre les risques de blessures, il y a la fatigue liée aux quarts de travail atypiques, les longues heures de patrouille et l'exposition à des situations stressantes ou psychologiquement éprouvantes.

En outre, il faut bien le dire, les policiers n'ont pas toujours droit au respect et à la considération qu'ils méritent de la part des citoyens.

L'APPQ entend aller au fond des choses avec l'aide de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas de Montréal et des chercheurs de l'Université du Québec à Trois-Rivières et de l'Université de Montréal.

Il faut souhaiter que ces études permettent d'en apprendre davantage sur les liens entre les problèmes de santé des policiers et la nature de leur travail, de même que sur leur espérance de vie.

La Fédération des policiers municipaux du Québec n'a pas de données sur ces questions, indique son porte-parole Alexandre Banville.

Le directeur du Service de police de Sherbrooke, Robert Pednault, se dit un peu étonné de ces données, mais indique qu'il n'y a pas d'étude sur ce sujet chez les policiers sherbrookois. «J'ai d'anciens collègues qui vivent passé 80  ans et d'autres qui sont décédés plus jeunes, mais est-ce qu'il y a une incidence directe avec le travail, c'est difficile à dire», mentionne-t-il.

Le phénomène des problèmes de santé liés à l'emploi est loin d'être nouveau et les policiers de la SQ ne sont pas les seuls à exercer un travail difficile.

Certains feront valoir que l'APPQ veut utiliser ces données pour influencer les négociations en cours en vue d'un nouveau contrat de travail avec le gouvernement du Québec. Soit.

Il n'en demeure pas moins que les faits dévoilés par l'association sont inquiétants. De plus, la firme Aon-Hewitt affirme que ses données sont solides.

Ces policiers, hommes et femmes, qui se consacrent à assurer la sécurité des citoyens et à lutter contre le crime, ont le droit d'avoir l'heure juste et, si nécessaire, d'obtenir de l'aide.

Et cela interpelle non seulement la direction de la SQ, mais aussi le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer