Retraite méritée

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<p>Pierre-Yvon Bégin</p>
Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

ÉDITORIAL / L'âge de la retraite sera maintenu à 65 ans. Le gouvernement de Justin Trudeau profitera du dépôt de son premier budget demain aux Communes pour donner suite à l'un de ses engagements électoraux. Le premier ministre vient ainsi effacer un autre symbole de la démagogique rigidité de Stephen Harper qui avait repoussé cette retraite à 67 ans. Nul doute que la mesure sera bien accueillie par tous les travailleurs qui ont donné leur meilleur d'eux-mêmes leur vie durant.

En visite à New York, Justin Trudeau a précisé son intention. À ses yeux, la façon de traiter les personnes les plus vulnérables en dit long sur les valeurs privilégiées par une société. Le premier ministre a de plus reconnu que l'ouvrier qui a travaillé dur toute sa vie a des chances d'arriver à la retraite beaucoup plus hypothéqué physiquement qu'un banquier ou un avocat. Force est de lui donner raison et de souligner ce geste d'empathie envers les moins fortunés.

Plus de la moitié des travailleurs au Québec ne dispose pas d'un régime de retraite de leur employeur. Une grande majorité ne contribue pas à un régime d'épargne personnel. Ils doivent ainsi s'en remettre essentiellement au soutien de l'État pour assurer leurs futurs besoins financiers.

Toutefois, la situation est loin d'être catastrophique. Les dernières études actuarielles démontrent ainsi qu'entre 15 et 20 % des ménages canadiens éprouveront des problèmes à maintenir leur niveau de vie à la retraite. Étonnamment, les personnes mal préparées à la retraite se retrouvent dans une catégorie bénéficiant de revenus supérieurs, soit entre 50 000 et 75 000 $ par année.

La Fédération des chambres de commerce du Québec propose ainsi d'instaurer un nouveau régime de pension collectif copié sur le Régime volontaire d'épargne-retraite (RVER). En vigueur depuis plus d'un an au Québec, celui-ci vise justement à éviter les catastrophes humaines en incitant fortement les employés à se doter d'un fonds de pension. Ces derniers sont d'ailleurs les seuls à contribuer à ce régime à cotisation déterminée.

D'ici fin mars, le fédéral doit aussi corriger une erreur administrative qui a privé 84 000 personnes de 245 M$ devant être versés à titre de supplément de revenu garanti. Justin Trudeau a une autre occasion de prouver sa sensibilité envers les aînés, la décision de verser ou non des intérêts sur les paiements rétroactifs lui revenant.

En décembre dernier, les ministres des Finances ne sont pas parvenus à s'entendre sur une éventuelle bonification du Régime de pensions du Canada. Ils doivent se retrouver en juin prochain à ce sujet. À la recherche de revenus pour financer leurs régimes respectifs, ils devront aussi trouver des moyens de faire contribuer les plus riches.

Il est pour le moins choquant d'apprendre que l'Agence du revenu du Canada a récemment abandonné l'idée de poursuivre 21 fortunés ayant profité d'un paradis fiscal par l'intermédiaire de la firme comptable KPMG. En vertu d'un programme de dénonciation volontaire, ils payeront leurs dus avec l'engagement de ramener leur fortune au pays. Les parlementaires ont maintenant l'obligation de prendre les dispositions pour éviter la répétition de ce genre d'évasion fiscale.

En prévision du budget qu'il déposera demain, le gouvernement Trudeau a déjà préparé l'opinion publique à un déficit ronflant. Pour respecter ses promesses, il devra emprunter beaucoup. Pays riche, le Canada semble pourtant avoir les moyens de ses ambitions. Le moment semble aussi approprié d'investir dans le renouvellement des infrastructures. La réponse demain.

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