Une priorité?

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Après des hausses faméliques de 1,6 pour cent en 2014-2015 et de 0,9 pour cent en 2015-2016, l'augmentation de 3 pour cent du budget de l'éducation pour 2016-2017 apparaît comme une bouée de sauvetage longuement attendue.

Toutefois, le gouvernement du Québec devra faire beaucoup plus d'effort pour que l'éducation soit réellement une « priorité nationale », comme il se plaît à le dire.

Car le « réinvestissement » de 500 millions $ sur trois ans pour les services aux élèves et de 700 millions $ sur trois ans pour rénover les écoles, annoncé jeudi dans le budget du ministre des Finances, Carlos Leitao, ne permettra pas de rattraper le terrain perdu au cours des dernières années.

« On revient au niveau d'il y a trois ans, excluant les coûts de système », évalue Gilles Normand, président de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, qui voit dans l'exercice du ministre Leitao un « un budget de transition ».

Le réseau de l'éducation est mal en point après les années d'efforts de redressement budgétaire du gouvernement du Québec.

Selon la Centrale des syndicats du Québec, les compressions en éducation se sont élevées à 950 millions $ depuis 2010, excluant les infrastructures, affectant donc les services directs aux élèves, de sorte que les 500 millions $ annoncés sur trois ans ne permettront pas de combler le manque à gagner des dernières années.

Le désinvestissement des dernières années a obligé de nombreuses commissions scolaires à supprimer l'aide aux devoirs et à réduire les services d'orthophonistes, de psychologues et de psychoéducateurs ce qui, évidemment, a eu un impact sur les élèves, particulièrement chez ceux en difficulté d'apprentissage.

Le Québec vise un taux de diplomation au secondaire de 80 pour cent d'ici 2020, alors qu'il est actuellement de 77 pour cent en moyenne, mais, au train où vont les choses, n'est-on pas plutôt en train de préparer une nouvelle génération de décrocheurs?

Le gouvernement Couillard devra augmenter les dépenses en éducation davantage que deux ou trois pour cent par année pour redonner au réseau les moyens d'accomplir sa mission.

En revanche, les universités semblent accueillir le budget Leitao avec satisfaction malgré une injection très modeste de 84 millions $ dans le réseau de l'éducation et de l'enseignement supérieur.

De plus, elles se réjouissent de l'aide accordée à la stratégie Innovation Partenariat Entrepreneuriat, qui se traduit par exemple par une enveloppe de trois millions $ sur cinq ans pour l'Université de Sherbrooke.

Tant mieux.

La volonté affichée du gouvernement Couillard de hausser les dépenses en éducation est encourageante.

Mais, au départ, il est inconcevable de ne pas augmenter substantiellement les ressources pour aider les élèves en difficulté et pour lutter contre le décrochage.

De même, le ministère de l'Éducation souffre depuis plusieurs années d'un manque de constance avec le passage de huit ministres en neuf ans, ce qui ne facilite pas l'élaboration d'une vision à long terme. Au fait, où est le plan?

« Une priorité se traduit par de l'argent et une vision claire de ce que doit être l'école », disait l'an dernier l'ex-directeur général de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, Michel Bernard.

À la suite du dépôt du budget 2016-2017 du gouvernement du Québec, ces propos sont plus que jamais d'actualité.

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