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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / L'arrestation de sept personnes, dont l'ancienne vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, et l'ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté, par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), constitue un aboutissement que bon nombre de Québécois n'attendaient plus.

Elle démontre que personne n'est au-dessus des lois et que l'UPAC fait son travail d'enquête de façon diligente et indépendante.

Mais, surtout, cela contribuera peut-être à rétablir la confiance du public au système de justice.

Les accusations sont très graves : fraude, corruption et abus de confiance, notamment, et selon l'UPAC le problème était systémique et s'est étendu sur une longue période.

Évidemment, les personnes visées sont innocentes jusqu'à preuve du contraire, mais si les faits reprochés sont démontrés devant la justice, cela traduirait un mépris inadmissible de la démocratie et de la saine gestion des fonds publics.

La frappe de l'UPAC crée évidemment un profond malaise au Parti libéral du Québec et, dans une moindre mesure, au Parti québécois.

Le premier ministre Philippe Couillard s'est rapidement distancié de l'ancien gouvernement Charest et a rappelé que les règles de financement des partis politiques ont changé, avec notamment un plafond de contribution de 100 $ par électeur.

Les explications de M. Couillard sont un peu courtes, étant donné que lui et une dizaine d'autres députés ou ministres libéraux actuels étaient là à l'époque ou Mme Normandeau a été ministre des Affaires municipales avant de devenir vice-première ministre, en 2007.

Et même si ces derniers n'ont rien à voir avec les malversations auxquelles seraient liés d'anciens libéraux, les Québécois sont en droit de se demander si la culture du copinage a réellement changé.

Lors du dépôt du rapport de la Commision Charbonneau, le commissaire Renaud Lachance avait enregistré sa dissidence et réfuté tout lien entre les dons aux partis politiques provinciaux et l'obtention de contrats publics, ce qui avait soulevé l'incrédulité des partis d'opposition et des citoyens.

Les enquêtes de l'UPAC semblent démontrer le contraire.

Il faut souhaiter que le processus judiciaire qui s'amorce permette enfin aux Québécois de connaître la vérité sur le rôle des accusés dans ces stratagèmes mis en place pour contourner les lois afin d'obtenir du financement politique et des contrats publics.

Un budget sans audace

Le budget 2016-2017 du ministre des Finances, Carlos Leitao, ne passera pas à l'histoire.

Il s'agit d'un budget équilibré sans hausses de taxes ni d'impôts qui marque en principe la fin de l'austérité budgétaire, mais qui ne comporte pas de réelle stratégie pour relancer l'économie, stimuler la recherche et le développement ou augmenter le taux de diplomation.

La décision de Québec d'utiliser son surplus de 2 milliards $ pour l'affecter au Fonds des générations témoigne d'un manque de vision alors que la croissance économique est anémique (1,5 pour cent prévu en 2016) et que l'emploi fait du sur-place.

Ce budget offre certes un certain répit aux contribuables avec la diminution de la taxe santé et une réduction de moitié de la contribution additionnelle exigée des parents pour un deuxième enfant en garderie.

On peut également saluer les mesures annoncées pour l'automatisation et la numérisation du secteur manufacturier et le soutien à la foresterie, à l'aérospatiale et aux sciences de la vie.

En revanche, le financement supplémentaire de trois pour cent en éducation et de 2,4 pour cent en santé couvrira à peine la progression des coûts de système, sans parler des broutilles pour les universités et les soins à domicile.

De même, en dépit d'un investissement de 9,6 milliards $ cette année pour les infrastructures, les Villes demeurent sur leur faim, notamment pour le développement des transports collectifs.

Vivement le budget fédéral!

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