Gaétan Barrette et « l'échec » des CLSC

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Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, vient de décréter avec son arrogance habituelle que les CLSC sont un échec. Sur quelles études base-t-il un jugement aussi catégorique? (...).

Il est certainement informé des conditions désavantageuses de l'implantation des premiers CLSC, générées par l'opposition systématique de ses collègues d'alors à ce régime public novateur de soins de première ligne (...). Ils porteront leur opposition jusqu'à la création de polycliniques visant expressément à faire concurrence aux CLSC naissants sur les mêmes territoires urbains, où la pratique médicale à l'acte était la plus payante.

L'échec de ces polycliniques a amené la Commission Clair (2001) à recommander comme alternative la formule des GMF (Groupes de médecine familiale), espèce d'organisation privée financée par les fonds publics avec des mandats et règles d'opérations reprenant le concept des CLSC. Ces GMF ont également échoué à livrer la marchandise, sans que le MSSS y voit matière à revoir la formule de ce PPP incompatible avec une mission de service public universel. Qu'à cela ne tienne, notre super ministre la retient dans la contre-réforme qu'il a imposée avec la loi 10 et l'intégration de tout le réseau sociosanitaire dans une seule organisation contrôlée de part en part par le ministre (...).

Qu'arrivera-t-il des CLSC, dont leur mandat de services à domicile? Selon M. Barrette, ils vont se concentrer sur ce dans « quoi ils sont très bons, par exemple tout ce qui est communautaire, santé mentale, prévention (...) ».

Les nouveaux CISSS, encore en implantation, devront à leurs frais transférer aux entreprises privées (GMF et super-cliniques, incorporées ou non) des intervenants sociaux désignés, dans des rôles qui risquent d'en faire des commissionnaires au service des médecins. Quant à l'avenir des services à domicile, le message ministériel est des plus confus; ce qui est clair, c'est que les CISSS pourront déterminer eux-mêmes les mandats et les ressources à affecter à la « mission CLSC ».

(...).

Face aux nombreuses critiques très avisées de l'hyper-bureaucratisation des services sociaux et de santé que constituent les CISSS, qui se révèlent finalement une vaste opération menant tout droit à la privatisation des soins de santé (...), M. Barrette répond en ouvrant davantage la porte à ces options. Et ce, sans même se soucier de sauver les apparences de conflits d'intérêts et de permettre un débat public sur ses choix qui risquent d'être coûteux et peu efficaces, calqués sur le modèle américain.

Clément Mercier, Sherbrooke

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