Le désaveu

Le référendum organisé à Bolton-Est pour autoriser la construction d'une tour... (Bloomberg)

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La Tribune

Le référendum organisé à Bolton-Est pour autoriser la construction d'une tour de télécommunications de Bell a été défait par une majorité de 95 %! Ce résultat constitue, pour plusieurs raisons, un désaveu massif du conseil municipal.

Le conseil municipal a plusieurs fois réitéré sa conviction que l'opposition à la tour de Bell n'était le fait que d'une petite clique de marginaux, entendons d'ex-urbains « qui ne sont pas de la place ». Il ne s'agissait manifestement pas d'une clique.

Le conseil municipal a plusieurs fois réitéré sa conviction que sa défense de l'opportunité d'autoriser la construction de ladite tour relevait de la nécessité de défendre les intérêts de la population. On se demande maintenant de quelle population il s'agissait. Qui le conseil municipal représentait-il au juste et quels intérêts défendait-il?

Le conseil municipal a plusieurs fois réitéré sa conviction que, de toute façon, la tour allait se bâtir puisqu'il s'agissait d'une juridiction fédérale. Il connait pourtant les jugements récents des cours supérieure et suprême avalisant la conception d'un fédéralisme de collaboration entre les différents niveaux de gouvernement. Dans sa documentation acheminée aux personnes éligibles à voter lors de ce référendum, le conseil a tenté, sous la signature de son DG (encore lui!) qui a travaillé plus de dix ans pour Rogers (!), d'influencer le vote en recommandant non seulement d'appuyer la résolution du conseil municipal mais aussi en affirmant « qu'un rejet de la résolution n'empêchera pas nécessairement la construction de la tour, mais empêchera la municipalité (?) d'en réglementer la réalisation » comme si l'affirmation et la défense des règlements municipaux empêchaient leur application!

Le conseil municipal n'est-il pas au courant du débat entourant la construction d'un pipeline sur le territoire québécois et de l'injonction demandée par le gouvernement du Québec, appuyé par le gouvernement ontarien, pour obliger son promoteur à respecter les lois du Québec? Le conseil municipal n'est-il pas au courant qu'il est aussi un palier de gouvernement et que sa fonction première est de faire respecter ses lois et règlements?

Le conseil municipal n'est donc pas représentatif de sa population dont il ne sent évidemment pas le pouls, il ne défend ni ses choix ni ses intérêts, non plus que sa propre juridiction et ses propres règlements.

Le bilan est lourd. Un examen de conscience est tout indiqué.

Robert Poupart,

ex-principal de l'Université Bishop's

Professeur honoraire UQAM

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