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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) ÉDITORIAL / Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau devra proposer des engagements concrets lors de sa rencontre de lundi prochain avec la Coalition de citoyens et d'organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, notamment pour la construction d'une voie de contournement.

Il devra aussi tenir compte que, deux ans et demi après la tragédie ferroviaire qui avait fait 47 morts, les deux tiers des citoyens présentent encore des manifestations de stress post-traumatique, selon la seconde Enquête de santé populationnelle de la Direction de la santé publique de l'Estrie, dont les résultats ont été présentés en février.

Depuis le déraillement du convoi pétrolier de la Montréal Maine & Atlantique, les citoyens de Lac-Mégantic estiment avec raison ne pas avoir toujours eu l'oreille de Transports Canada en ce qui a trait au mauvais état des voies ferrées et au transport de matières dangereuses.

Le nouvel exploitant, Chemin de fer Central Maine & Québec (CMQ), dit avoir investi 22 millions $ pour améliorer son réseau ferroviaire qui va de Montréal à Bangor, dans l'État du Maine.

La compagnie s'est aussi engagée à ne pas transporter de pétrole brut en 2016. Mais qu'en sera-t-il dans les années subséquentes?

Parallèlement, le resserrement de certaines normes de sécurité par l'ancien gouvernement conservateur (retrait graduel des wagons-citernes « DOT-111 » d'ici 2020, interdiction des équipes à une personne et règles plus sévères pour les procédures de freinage) a été un pas dans la bonne direction.

Toutefois, malgré les propos de CMQ et Transports Canada, qui soutiennent que les rails sont sécuritaires si les convois roulent à un maximum de 10 mi/h, les observations visuelles de la coalition démontrent le contraire (rails usés et traverses pourries par endroits, ponceau en mauvais état, etc.).

Les citoyens ne sont pas rassurés. Loin de là!

La coalition a même déposé une pétition de 2800 noms pour réclamer que Lac-Mégantic demande une injonction interlocutoire pour l'arrêt du transport de matières dangereuses, mais sans succès.

Bandes vidéos à l'appui, ce regroupement affirme qu'une centaine de wagons-citernes transportant du gaz propane, de l'essence-éthanol et des produits chimiques traversent Lac-Mégantic chaque semaine, surtout la nuit.

Il va de soi que la construction d'une voie de contournement pour le train fait partie de la solution pour que les Méganticois reprennent une vie plus normale et pour favoriser la relance économique de cette agglomération.

Robert Bellefleur, porte-parole de la coalition, rappelle à ce propos que lors du dévoilement des résultats de l'Enquête de santé populationnelle, la Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique de l'Estrie, « avait dit que les politiciens doivent prendre en compte que la voie de contournement est l'élément qui va faciliter le rétablissement de la population ».

À cet égard, il est inconcevable que la population doive attendre encore deux ans pour que l'étude de faisabilité soit complétée et probablement encore quelques années par la suite pour que la voie de contournement d'une douzaine de kilomètres soit construite.

Le ministre Garneau s'est montré sensible à la cause des gens de Lac-Mégantic depuis sa nomination en novembre dernier.

Il doit maintenant intervenir énergiquement pour convaincre les autorités locales et gouvernementales que le projet de voie de contournement doit se faire plus rapidement et, d'ici là, demander à la compagnie Central Maine & Québec de mettre à niveau les segments de voies ferrées qui en ont besoin.

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