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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Malgré les manifestations publiques et les chaînes humaines autour des garderies, le gouvernement du Québec va de l'avant avec des compressions récurrentes de 120 millions $ par année dans les subventions versées aux CPE et aux garderies privées ce qui, évidemment, fait craindre un impact dans les années à venir sur la qualité des services, les activités et les emplois d'éducatrices.

L'entente sur la réforme du financement des Centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées, annoncée mardi par le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, est acceptée sans gaieté de coeur par l'Association québécoise des CPE. Avec raison.

Mais elle donne un répit aux parents qui avaient dû composer avec les perturbations des derniers mois et permet au moins d'espérer que ce service public essentiel soit préservé.

Afin de dorer la pilule, l'entente comporte une « allocation de transition » de 60 millions $ (41 millions aux CPE et 19 millions $ aux garderies privées subventionnées) pour 2016-2017, ce qui permettra de limiter les dégâts pourrait-on dire.

Cette allocation est assortie d'une obligation de reddition de compte afin d'améliorer les pratiques de gestion et de bonifier les services directs aux enfants, a prévenu le ministre.

Mais à compter de 2017-18, les CPE et les garderies privées devront composer avec les effets réels de la baisse de subvention et les nouveaux modes de financement concernant la garde des enfants, les services auxiliaires comme l'entretien ménager et les repas, la gestion et le coût d'occupation des locaux.

Les administrateurs devront donc se creuser les méninges pour boucler leurs budgets.

« On nous accorde de l'oxygène pour cette année et on va faire nos devoirs, mais si ça ne fonctionne pas on sera au moins en mesure d'amener des faits et d'y aller de façon objective », signale Lucie Therriault, directrice générale du Regroupement des CPE des Cantons-de-l'Est.

« Tout est remis en question et il faudra réfléchir parce qu'on devra respecter nos budgets, ajoute-t-elle.

Le réseau des CPE (et des garderies privées subventionnées dans une moindre mesure) est un service public financé par l'État, donc par les contribuables, et il est normal que le gouvernement du Québec veuille s'assurer de son bon fonctionnement et que les fonds soient bien utilisés.

Bref, avec un programme qui coûte 2,2 milliards $ par année, il faut faire en sorte d'en avoir pour notre argent.

Du reste, l'Association québécoise des CPE demandait depuis longtemps que soit actualisé le mode de financement des garderies et est d'accord avec la formule de reddition de compte.

S'il y a un « ménage » à faire qu'on le fasse.

Mais il faut rappeler que le couperet est déjà tombé à deux reprises sur le réseau des garderies avec des compressions de 74 millions $ l'an dernier et de 100 millions $ l'année précédente, auxquelles s'ajoute celle de 120 millions $ confirmée hier.

Le ministre Proulx parle de financement plus équitable, de meilleurs services et d'amélioration des pratiques de gestion des garderies. On veut bien.

Mais comment peut-on maintenir et améliorer les services avec moins d'argent?

Sans être un exercice strictement comptable, la réforme du financement des CPE et des garderies privées subventionnées entraînera des sacrifices dont les enfants, ultimement, risquent de faire les frais. Il faudra faire plus avec moins.

Décidément, on n'en sort pas.

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